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Un guide simple et pratique pour ne pas répéter ses erreurs

June 25, 2013   

Nous répétons nos erreurs.

Le monde est plus prévisible lorsque les événements se ressemblent. Le monde est plus sécuritaire.

Une partie de nous voudrait faire autrement. Une autre n’a d’autre choix que de poursuivre dans une direction contre-nature, douloureuse et inévitable.

Alors nous conservons les vieux sentiers qui font mal, nous activons la roue maléfique du pattern.

Avec l’éternelle question en tête:

Ostie, pourquoi je fais tout le temps ça?”

Pourquoi je choisis un chum/une blonde qui ne me convient pas, pourquoi je suis toujours à la dernière minute, pourquoi je repousse les gens qui s’approchent de moi, pourquoi je pète toujours les plombs dans cette situation précise?

À l’échelle cosmique comme à l’échelle de l’homme, l’Histoire se répète. C’est d’une ironie mordante et amère. Afin de déjouer l’univers (du moins d’essayer), voici donc un guide simple et pratique pour ne pas répéter vos erreurs.

#1 Réaliser

Si vous répétez les mêmes erreurs sans le réaliser (ça arrive à plein de gens), ça va mal. Vous avez le nez si collé sur le problème que vous ne vous sentez pas bien sans trop savoir pourquoi. Votre vie n’est pas satisfaisante, les relations que vous entretenez ne vous apportent rien de positif mais vous n’avez pas une idée claire de ce qui se passe.

Vous êtes dans le flou, dans le vide.

Tracez une ligne droite sur une page blanche. C’est votre vie, le début complètement à gauche, aujourd’hui complètement à droite. Inscrivez-y les événements principaux, positifs et négatifs. Ajoutez des détails. Ce qui s’est passé, comment vous vous êtes senti, avec qui vous étiez, comment vous avez réagi, quelles ont été les conséquences de vos actions.

Bin oui, c’est de la psycho. Z’êtes pas fous pour autant.

Si vous y mettez un peu de sérieux, c’est une belle grande roue qui est en train d’apparaître. Des événements différents, sans lien apparent entre eux, ont soudainement une saveur tout à fait semblable.

Étrange? Pas tant que ça.

#2 Se responsabiliser

Le bouclier le plus efficace contre la terreur de nos erreurs est de les pitcher à l’extérieur. Remettre la faute (et la responsabilité) sur vos parents, le gouvernement, les gens qui vous exploitent, le sexe opposé ou n’importe quelle instance susceptible de porter le fardeau à votre place.

Problème: Si vous n’êtes pas responsable, vous n’êtes pas en contrôle.

Avoir le choix et le contrôle sur sa propre vie fait peur. C’est angoissant. C’est lourd.

Mais c’est essentiel pour avancer.

“Je suis le seul responsable de ma vie”

Outch. Quelques mots qui frappent. Qui coupent le souffle. Qui dissolvent l’enfant.

Quelques mots qui vous forcent à prendre le temps, à faire face à qui vous êtes et à qui vous n’êtes pas. Quelques mots qui disent que personne d’autre que vous ne pourra changer.

#3 Changer

C’est la partie la plus simple et la plus difficile à la fois. J’aurais besoin d’un volume entier pour vous détailler les étapes et les moyens possibles. Quelques pistes:

-Mieux se connaître et se comprendre

-Changer de milieu et mieux choisir ses relations sociales

-Commencer quelque chose de nouveau et de différent

-Accepter ce que l’on ne peut changer

-Sortir de la zone de confort qui nous pousse à toujours agir de la même manière

Là vous vous dites: “Ça m’avance bien, tout ça. Peux-tu être plus clair?”

Réponse: Non. Si je faisais tout le travail à votre place, vous ne seriez plus responsable.

#4 Prendre des notes

Écrivez l’erreur quelque part. À un endroit où il sera plus tard possible de consulter votre sagesse. Nous avons tous la fâcheuse tendance à oublier ces roues qui reviennent, ces cercles qui vicent, ces erreurs qui rôdent. Relisez régulièrement et notez également ce que vous avez fait pour vous en éloigner, pour sortir du sentier. Ce sera très utile.

 

Voilà. Vous avez sous la main un guide simple et pratique pour ne pas répéter vos erreurs. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas aidé.

Ni que je l’ai fait à votre place. Ce serait contradictoire.

Bonne chance.

Aux athées et aux autres

June 21, 2013   

“Si vous êtes athée, contentez-vous de faire le bien et nous trouverons un terrain d’entente”.

Eh bin. Merci, pape.

Je remercie François pour son ouverture envers les gens, relativement nombreux, qui tentent de faire le bien sans avoir une Foi inébranlable en l’idée d’un créateur, d’un grand manitou, d’un Big Brother cosmique, d’un Facebook universel.

Me voilà dans les bonnes grâces du christianisme, soudainement.

Je suis papapprouvé. Je suis Vatican 9002. Je suis certifié Jésus. J’ai reçu les documents officiels par la poste.

C’est pratique.

Parce que le bien, vraiment, j’essaie de le faire. De toutes mes forces, ou presque. Je construis mon C.V. de bonnes actions depuis un moment, je suis presque convaincu que ça a joué en ma faveur lorsque les cardinaux ont inspecté mon dossier.

Alors, d’avoir le papier qui me dit que j’ai un terrain d’entente avec au moins une grande religion, je trouve ça génial.

Parce que je sais qu’ils doivent être occupés à Rome, en ce moment. Depuis que le pape a décrété que les athées pouvaient faire le bien, ils ont tout un tas de nouvelles candidatures pour le paradis à évaluer. Ça fait beaucoup de paperasse, ça fait beaucoup de flou.

Avant le 24 mai, le moment où ce nouveau pape – que j’aime bien, au fond – a décrété que le paradis était disponible même pour les non-croyants, la décision était plutôt simple. La population du paradis avait quelque chose d’homogène et de rassurant.

1. Tu crois en Dieu? Oui – Non.

Oui? Passez à la question 2.

Non? Aller-simple pour les limbes qui sont, à mon avis, bien pires que l’enfer. Zut, j’aurais dû y penser avant.

Passer l’éternité à flotter dans le vide sans que personne ne s’occupe de toi, c’est un peu comme un CHSLD sans fin. En enfer, au moins, ceux qui te font brûler t’accordent un minimum d’attention.

2. As-tu fait le bien?

Oui? Aller-simple pour le paradis. On ne sait jamais vraiment ce qu’on y trouve, mais il paraît que c’est une sorte de voyage dans le Sud avec tous les bonus. On dit même qu’on peut s’y rendre sans avoir besoin de se casser le cul au travail pendant un an ou deux. Tu peux prendre un verre au bar de la piscine épiscopale avec un saint ou l’autre, faire de la moto-marine avec la Vierge ou profiter du soleil en compagnie d’un archange retraité.

Non? Aller-simple pour l’enfer, où on te fera souffrir éternellement pour tes péchés. Tant pis pour toi, mon vieux, fallait réfléchir avant de consulter des sites osés et de passer devant un itinérant sans même le regarder.

Le noir et le blanc ont toujours bien servi les grandes religions. Ce sont des couleurs (pas vraiment, mais bon…) rassurantes et arbitraires qui permettent de classer les êtres humains dans une catégorie ou dans l’autre sans trop se casser la tête.

D’une petite phrase, le pape François vient d’injecter un peu de gris dans cette dichotomie ancestrale. En parlant de terrain d’entente, il suppose que les gens qui ne croient pas dans le Dieu que le christianisme manufacture depuis 2000 ans peuvent tout de même avoir un peu d’allure.

Les cardinaux doivent suer dans leur soutane.

Alors je remercie François de m’accorder une chance. Je ne sais pas si je suis véritablement athée. J’essaie d’y réfléchir le moins possible.

Ça m’angoisse, bon.

Mais je le remercie tout de même de mettre en mots ce que les gens qui font le bien depuis le début de l’Humanité savent sans que l’Église accepte de le reconnaître.

Un guide pour identifier efficacement les gens heureux

June 13, 2013   

Les gens heureux n’ont pas d’histoire.

C’est faux.

Les gens heureux ont des histoires à ne plus finir. Ils ont des souvenirs exceptionnels, des aventures épiques ou des instants de plénitude à chérir. Ils ont une partie du monde derrière eux et une autre devant.

Ils goûtent le moment. Ils ont des racines solides. Ils plient sans casser face au vent.

Les gens vraiment  heureux, au-delà de tout ça, ont déjà été malheureux.

Ils ont connu la tempête, la tourmente et l’incertitude. Ils ont été placés face à la douleur, à la mort, à la maladie.

Ou simplement face à ce malaise persistant d’être un humain et de ne pas trop comprendre pourquoi ou comment.

Les gens heureux savent que le dicton du sucre à la crème contient bien plus de sagesse qu’il ne le paraît. (Pour connaître le dicton du sucre à la crème, écrivez-moi un commentaire à la fin de ce texte!)

Ils placent leur espoir dans quelque chose de tangible et de vrai, ils évitent le flou et l’incertain tout en acceptant que la brume fait partie du voyage.

Les gens heureux parviennent à passer du temps seuls, à se retrouver face à eux-mêmes dans le calme ou la détresse.

Ils sont capables de faire des choses parfaitement inutiles, de perdre du temps avec délice, de ne pas réussir ce qu’ils entreprennent.

Les gens heureux pensent à demain sans penser à plus tard, ils font des projets d’avenir sans s’inquiéter du futur.

Ils construisent du sens avec un brin de soleil et une parcelle d’amour, ils placent les fondations du monde un jour à la fois, affrontent les interdits et refusent les conventions du bonheur.

Les gens heureux font ce qu’ils aiment avec des gens qu’ils aiment, sans compromis, sans excuses et sans flottement.

Ils ont découvert qu’au fond, nous n’avons pas le temps de nous faire suer très longtemps.

Les gens vraiment heureux, au-delà de tout ça, s’éveillent chaque matin avec une profonde gratitude.

Le sentiment que respirer est suffisant, que ça ne doit jamais devenir une habitude.

Les gens heureux m’impressionnent ou me ressemblent, tout dépend du moment.

J’aspire à les rejoindre ou à rester parmi eux, avec et contre le vent.

3 obstacles (parmi tant d’autres) à franchir lorsque l’on veut faire (et éventuellement réussir) quelque chose (n’importe quoi!)

June 5, 2013   

Vous voulez faire quelque chose, je le sens.

Déjà, vous avez eu droit à un guide simple et pratique qui vous offre la formule nécessaire.

Génial!

Seulement, vous n’êtes pas encore en train de le faire. Ça n’a rien d’un hasard. Vous êtes probablement paralysé par un obstacle de taille.

Et ça vous rend fou.

Voici donc une liste des trois murs qui bloquent la route de l’action avec, en bonus, des pistes pour les escalader, les contourner ou les réduire en poussière.

#1 Le temps

“Je n’ai pas le temps”, c’est un paratonnerre.

C’est une manière exquise de s’excuser de ne pas faire ce qui est important, de laisser l’emporter la routine et les obligations, de permettre au rythme du monde de nous dicter notre conduite.

“Je n’ai pas le temps”, c’est une excuse inacceptable. C’est la responsabilité de nos actes que l’on remet entre les mains de quelque chose qui n’existe que pour compartimenter nos vies d’une manière arbitraire.

La solution est simple, sans l’être vraiment.

Il suffit de faire face avec courage à ce constat aussi terrifiant qu’exaltant:

“Le temps, on ne l’a pas. On le prend”.

Ma vie a changé lorsque j’ai commencé à penser de cette manière.  J’ai organisé un voyage au Kilimandjaro (j’y serai dans moins de deux mois). J’ai terminé un premier roman (qui vient d’être publié). J’ai continué à travailler comme entraîneur (en terminant un doctorat).

Je n’avais pas le temps. Vraiment pas. Je l’ai pris quand même.

Ces choix ont des conséquences. Mon compte de banque me regarde avec des yeux tristes et certaines de mes obligations scolaires sont plongées dans un océan de retard.

Peu importe. Je suis le seul responsable. Je l’assume.

Le temps, ce coupable facile, n’a rien à y voir.

#2 La peur

Décider de faire quelque chose, c’est plonger dans l’inconnu.

C’est repousser ses propres limites, vérifier jusqu’où elles peuvent s’étendre.

Ça fait peur, bien sûr.

Repousser ses limites, c’est aussi accepter d’en avoir.

C’est s’exposer à l’échec, à la critique, aux conflits et aux désaccords. Parce que si vous décidez de faire quelque chose d’important, et de le faire bien, il y aura toujours quelqu’un pour vous barrer la route.

Il y aura forcément des gens pour juger de vos actions, évaluer vos résultats ou même jalouser votre mode de vie. Il y aura un miroir quelque part pour vous forcer à faire face au monde.

La solution est simple sans l’être vraiment.

Il faut briser les miroirs. Cesser d’agir pour les autres, arrêter de craindre l’image que l’on projette, ne pas redouter d’être soi-même.

C’est le défi d’une vie, vaincre la peur qui paralyse l’action.

#3 La pointe du V

Si vous décidez de faire quelque chose, vous serez à la pointe du grand V. Peut-être serez-vous seul dans votre vol, peut-être devrez-vous être accompagné. Si c’est le cas, vous rencontrerez forcément le troisième obstacle.

Si vous prenez la pointe, tout le monde vous laissera mener. Personne ne voudra braver le vent. Beaucoup voudront s’impliquer mais utiliseront un jour ou l’autre l’un des deux premiers obstacles pour reculer face aux défis et remettre le fardeau entre vos mains. Ça n’aura rien de méchant ou même d’intentionnel.

Mais ça arrivera.

La solution est simple, sans l’être vraiment.

Il faut continuer. Accepter d’en faire plus sans être reconnu, prendre votre propre relais, montrer l’exemple et ne jamais laisser l’amertume l’emporter sur l’enthousiasme.

Aller contre le vent, lentement, sans fléchir. C’est une migration, c’est un marathon, c’est une aventure extraordinaire et douloureuse. C’est la seule manière que je connaisse d’accomplir quelque chose.

Ça s’appelle du leadership, et c’est une maladie contagieuse si on la laisse se développer assez longtemps.

 

Maintenant, vous connaissez les étapes principales pour  faire quelque chose et les défis que cette décision implique. Ça n’a rien d’une simple partie de plaisir.

C’est votre propre montagne, votre vol inaugural, votre chemin de croix.

Bonne chance.