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Un coeur à l’eau et autres poèmes!

September 15, 2013   

Mon collègue et ami Martin Joly écrit des poèmes qui me semblent particulièrement artistiques et inspirés. Je lui ai proposé d’en publier quelques-uns. J’espère que vous les apprécierez autant que moi!

Un cœur à l’eau


Mon cœur est une ville fantôme
C’est un phare aux étrangers blottis
Où les mutins s’en vont réunis
Une invitation, un naufrage dans mon lit
Ils réchauffent d’un souffle cette tombe

Alexandrins d’après-guerre

L’amour n’est pas sur mesure, c’est un casque sur la peau

C’est l’idée solitaire, qu’on partage poings fermés
Deux guillemets esseulés, deux soldats sanguinaires

L’amour ce n’est pas pur, c’est un masque au repos

 

P’tête inspirée là-bas

Ma tête une zone cafouillarde, je me déconstruis
J’ai besoin de ces silences, d’un peu de bruit
De ce mélange, d’une alternance
J’exige des pauses et des proses!
Des proses et des pauses!

Et…

Je m’abreuve d’images et bois cette poésie,
Que d’images poétiques et de poésies en images.
Je suis ivre de ces ailleurs
Ces ailleurs. Les tiens. Que je veux miens.

Miens!!!

Ma tête est une manifestation sans cause
Une marche sans arrêt, elle marche sans arrêt
Elle n’a pas de cause. De la prose. Pas de mots.
Aucune issue.

Ma tête sans issue…

Et quand tu t’opposes cesses la marche sans arrêts.
Je prends un crayon. Je m’arrête de marcher.
Je dépose. Je dé-pause. Sans vont les proses.
Se verse de la poésie. En des vers pleins de silences, sans bruits.
Et je cafouille, ma tête qui est ivre.
Je me trouve, je-me-trouve

Ailleurs.

Nudité

Je suis nu dans mon lit
Nu, sans pudeur
Ni personne
Nu.

Si j’écris c’est pour ne plus être nu
C’est m’habiller de mes mots
C’est m’habiller devant vous
De mes mots
Un peu plus nu
Devant vous
Juste vous
Je suis nu

Je vous déshabille de mes mots
Devant moi pour vous voir
Nus, sans pudeur
Ni personne
Nus

Déhabillés,
Juste nus

Trois étapes faciles pour écouter les gens

September 9, 2013   

Alors que je m’avance tranquillement dans le monde des gens qui écoutent, je réalise un peu plus chaque jour à quel point nous ne savons pas le faire.

À quel point nous ne prenons pas souvent le temps de nous intéresser vraiment à ce que disent et ne disent pas les humains qui nous entourent.

À quel point nous sommes trop prisonniers de nos propres héliocentrismes pour laisser briller les étoiles des autres firmaments.

À quel point il y tant de choses à entendre, à dire et à répéter aujourd’hui que nous ne savons plus où donner de l’oreille.

C’est bien triste.

Voici donc, dans une formule maintenant consacrée, un guide en trois étapes faciles (que j’essaie de suivre, parfois avec succès, parfois sans) pour écouter les gens. Une chose qui semble si simple ne devrait pas demander de mode d’emploi. Et pourtant…

1.Fermez-le (votre ego)

Si vous êtes constamment en train de parler, il y a de fortes (très fortes) chances que vous ne soyez pas en train d’écouter. Bien sûr, vous êtes le centre de l’attention. Bien sûr, les gens pensent que vos histoires sont intéressantes, drôles ou folles. Bien sûr, c’est un sentiment formidable que de sentir que l’on est important.

Mais si vous vous trouvez constamment dans cette position, il est bien possible que vous soyez incapable de tisser des liens avec les gens qui vous entourent.

Après tout, si vous êtes assez important pour parler sans arrêt, eux ne le sont probablement pas assez pour faire partie de votre monde.

Alors, fermez-la simplement un peu. Arrêtez d’avoir raison, peu importe ce qu’en dit votre ego. Prenez le temps d’entendre ce que d’autres ont à dire. Observez-les pendant quelques instants. Et passez à l’étape 2.

2.Émerveillez-vous

De ce qui est beau, original, fantastique, incroyable, triste, enrageant, douloureux ou simplement ordinaire chez ceux qui vous entourent. Émerveillez-vous des émotions incontrôlables, des aventures extraordinaires et des jours de routine qu’on vous raconte. Attardez-vous à un geste de la main qui trahit l’amour, à un clignement de paupières qui cache la tristesse, à un sourire qui évoque la confiance.

Émerveillez-vous de la complexité de qui nous sommes et de ce qui nous relie les uns aux autres. Vous aurez de plus en plus souvent envie de ne rien dire, de simplement écouter. Et de passer à l’étape 3.

3. Soyez là, maintenant

Évitez de vous perdre dans le passé ou le futur, ces moments incertains sur lesquels nous n’avons que peu de contrôle.

Contentez-vous d’être présent, de vous attarder à cet instant béni qui ne pourra jamais revenir. Peut-être est-on en train de vous confier un secret, de vous avouer une faiblesse, de vous apprendre quelque chose, de vous partager une grande joie. Peut-être quelqu’un est-il en train de faire de vous une meilleure personne en vous tendant un petit bout de son humanité. Saisissez-le avec une humble gourmandise pour ne rien, rien en laisser.

C’est d’une simplicité inouïe. C’est une sagesse du commencement du monde.

Et pourtant…