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Robin Williams

August 12, 2014   

Robin Williams est mort et je ne sais pas comment en parler.

Je ne sais même pas si je devrais en parler.

Je pourrais lui rendre hommage, mais ça me semble un peu superflu.

Les hommages pleuvent et vont continuer à pleuvoir.

Je pourrais vous dire à quel point ses films et ses personnages m’ont inspiré, à quel point ils m’ont fait du bien, à quel point ils ont guidé ma vie.

Mais je raterais un peu le bateau, Ô capitaine mon capitaine.

Alors je vais simplement vous dire comment saisir le jour – carpe diem – peut être difficile.

Comment un homme qui en faisait rire des millions d’autres pouvait être profondément malheureux et tourmenté au fond de lui-même.

Comment, à l’intérieur de chacun de nous, il y a à la fois l’émerveillement et le chagrin, l’espoir et la fatalité, le bonheur et le désespoir.

Je veux simplement vous dire que je crois que c’est une insulte à la mémoire de Robin Williams de dire simplement qu’il souffrait de dépression et que c’est ce qui l’a poussé à mettre fin à ses jours.

“O me! O life!… of the questions of these recurring; of the endless trains of the faithless… of cities filled with the foolish; what good amid these, O me, O life?”

Answer. That you are here – that life exists, and identity; that the powerful play goes on and you may contribute a verse. That the powerful play *goes on* and you may contribute a verse. What will your verse be?

En se trouvant à la jonction du rire et des larmes, de l’homme et du géant, de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, Robin Williams a écrit quelques vers magnifiques de cette pièce cosmique dont parlent John Keating et Walt Whitman dans “La société des Poètes Disparus”.

Je veux vous dire que l’étendue infinie et magnifique des sentiments humains permet aux hommes d’exception de créer la beauté mais qu’elle les met également en contact avec ce que nous avons de plus sombre.

Et que cela fait justement partie de l’homme. Que le désespoir, la tristesse et le vide de l’existence sont des éléments fondamentaux de l’expérience d’être en vie.

Que, loin d’être des ennemis de la joie et de l’étincelle, ils en font plutôt partie intégrante.

Que saisir le jour est un défi de chaque seconde, le combat éphémère de notre petite place sur un bout d’étoile.

J’aimerais vous dire que tout cela est tellement, tellement, tellement plus qu’une maladie.

Dans Patch Adams, Robin Williams jouait le rôle d’un médecin qui a changé ma vie.

“What’s wrong with death, sir? What are we so mortally afraid of?

Why can’t we treat death with a certain amount of humanity and dignity and decency and, God forbid me, maybe even humor?

Death is not the enemy, gentlemen.

If we’re gonna fight a disease let’s fight the most terrible disease of all, indifference.”

Robin, Patch, Mr. Keating, Ô capitaine mon capitaine et tous les autres.

J’avais dit que je ne te rendrais pas hommage mais j’en suis incapable.

Une grande partie de ce qu’est ma vie aujourd’hui provient de ces quelques mots.

“If we’re gonna fight a disease let’s fight the most terrible disease of all, indifference.”

Et de la substantifique moelle de la vie que tu as choisi de cesser de goûter.

“Carpe diem. Saisissez le jour. Faites de votre vie une aventure extraordinaire.”

Merci pour tout.