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Journal d’un psy, chapitre 3 – Quatre choses que j’aurais aimé qu’on me dise il y a 7 ans

September 3, 2014   

C’est le mois de septembre, l’école recommence.

Pour tout le monde, ou presque, autour de moi.

Pas pour moi.

C’est ma première non-rentrée.

J’ai été un étudiant pendant 22 de mes 27 années de vie, si on compte la maternelle.

Bin quoi, ça compte, la maternelle.

81,4 % de mes mois de septembre ont été des mois de rentrée scolaire.

Et cette année est différente.

Je suis un psychologue, maintenant.

Enfin, presque.

Ça fait si longtemps que je dis enfin, presque.

Toujours est-il que je pense à vous, étudiants, et surtout à vous, étudiants en psychologie.

Vous avez un long chemin en avant de vous.

Si vous y allez pour la totale, bien entendu. Ce fameux doctorat.

Un chemin passionnant, mais foutument long.

Alors j’ai pensé vous faire une petite liste des quatre choses que j’aurais aimé qu’on me dise il y a 7 ans, quand je me suis embarqué dans cette aventure un peu débile.

Des trucs pas si utiles, mais importants quand même.

Aussi surprenant que ça puisse vous paraître, ça existe, des trucs inutiles et importants.

#1 Ce n’est pas de la science

Je sais que vous le savez.

Mais vous ne le savez pas vraiment.

Je croyais que je savais et je ne savais pas, alors je sais de quoi je parle.

Bref.

La psychologie, ça n’a rien d’une science, dans le sens que ça détruit les certitudes.

Dans le sens que même si on essaie de parler d’objectivité, on n’y parvient jamais vraiment.

Dans le sens que quand on pense en savoir davantage, on est simplement plus conscient d’en connaître moins.

Tout le monde essaiera de vous dire le contraire en utilisant des termes médicaux et de belles analyses statistiques.

N’en croyez pas un mot.

#2 Ça va probablement faire mal

Ce n’est pas un parcours obligé, mais ça fait partie des risques.

Les ouvriers utilisent le marteau et la perceuse.

Les programmeurs tapochent sur un clavier d’ordinateur.

À chaque métier son outil.

Nous utilisons qui nous sommes pour travailler. Nous sommes notre propre outil.

Nous devons maîtriser, dans la mesure du possible, une patente aussi complexe et imprévisible que l’esprit humain.

Et s’aventurer là-dedans, ça peut faire mal.

Ça peut t’agiter l’existentiel, te remuer la personnalité, te shaker le pré-établi et te dénouer le passé trouble.

Tu en ressortiras changé et grandi, on espère bien.

Mais entre-temps, ayoye, criss.

#3 C’est une business

De plein de manières, c’est une business, ton domaine d’étude.

Une business parce que ce qu’on t’apprend, qui te l’apprend et comment on te l’apprend…

C’est influencé par le cash et les gens qui en ont.

Je pourrais passer des heures à t’expliquer pourquoi et comment, mais je suis pas certain que t’as envie de le savoir.

Si t’es en psycho, t’es un peu idéaliste, alors tu préfères fermer les yeux.

Mais quand même, garde ça en tête.

C’est une business.

Et c’est pas toujours dans les livres que la business te vend que tu vas trouver ce qui te convient, ce qui est vrai et ce qui est important.

#4 C’est un beau métier

Je trouve qu’on ne le dit pas assez.

Ton métier, ça va être de parler avec les gens.

D’entrer dans leur vie, d’essayer de leur apporter un peu de réconfort, de sécurité et de chaleur.

De construire des liens solides, authentiques et profonds avec des humains qui étaient de parfaits étrangers au départ.

C’est un métier magnifique.

Et même si tu fais pas un Saint-Graal de doc, tu pourras quand même apporter ces choses-là à ceux qui croisent ta route, t’en fais pas.

Alors parle aux gens, offre des sourires aux étrangers, sois gentil avec la caissière.

Accepte d’être imparfait et refuse les conventions sociales de temps en temps.

Offre ce que tu as de meilleur et cesse de douter de toi-même pour quelques secondes.

C’est un pas pire point de départ.

***

C’était les quatre choses que j’aurais aimé savoir il y a 7 ans. Je les ai apprises quand même, mais j’aurais gagné du temps si quelqu’un m’avait averti d’avance.

Bonne rentrée.