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Je vais parler de TDAH et vous n’aimerez pas ça

October 22, 2014

Octobre, paraît-il, est le mois de la sensibilisation au TDAH (trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité), alors j’ai décidé d’en parler un peu.

Mais vous n’aimerez pas ça, parce que je ne dirai pas ce que vous entendez partout à la télé, dans les journaux, sur internet et dans le bureau du médecin.

Je préférais vous avertir, au cas.

 

Vous entendez que vous avez un TDAH. Navré de vous décevoir.

Le TDAH, c’est quelque chose que l’on fait. Pas quelque chose que l’on a.

J’ai un TDAH parce que je suis constamment distrait, j’ai de la difficulté à me concentrer et j’oublie souvent mes clés dans l’auto.

Je suis constamment distrait, j’ai de la difficulté à me concentrer et j’oublie souvent mes clés dans l’auto parce que j’ai un TDAH.

C’est un raisonnement circulaire, comme un chien qui court après sa queue.

La seule preuve qui existe de ce que vous “avez”, c’est une liste de symptômes qui correspondent à ce que nous décidons, en tant que société, de définir comme un déficit de l’attention.

Mais pour vous convaincre que c’est vraiment quelque chose que vous “avez”, on vous dira que c’est un trouble neurobiologique.

Ça, c’est toujours gagnant, parce que ça sonne médical et scientifique.

Alors, demandez à votre médecin de vous fournir un “scan” de votre cerveau qui localiserait le TDAH, qui vous permettrait de voir comment le vôtre fonctionne différemment de celui des autres êtres humains.

Demandez-lui un test de sang, un test d’urine, une biopsie, un échantillon de neurones.

Demandez-lui ce que vous voulez, mais il sera toujours forcé de se référer à des observations externes de vos capacités et de vos comportements pour réaliser son diagnostic.

Ça restera toujours quelque chose que vous faites.

Pas quelque chose que vous avez.

 

DING!

C’est le moment où j’ai l’air d’un monstre sans compassion.

Tout le marketing est fait pour ça. Pour que les gens qui essaient de vous dire que vous n’êtes pas malade aient l’air d’une gang de théoriciens du complot.

Tant pis, je poursuis quand même.

 

Je crois que certaines personnes vivent difficilement avec des difficultés d’attention et de concentration.

Qu’elles perçoivent et comprennent le monde d’une manière différente de ceux qui ne vivent pas ces difficultés.

Qu’il existe des moyens pour les guider et les outiller.

Que leur condition ne doit jamais être minimisée ou ridiculisée.

Je ne crois pas qu’elles sont malades, ni même qu’elles “ont” un trouble quelconque.

Mais que ça ne signifie pas qu’on ne peut pas les aider.

 

Je crois que, dans un remarquable effort de publicité, l’on tente en ce moment même d’élargir le plus possible la clientèle de ce “trouble”.

Que les enfants sont diagnostiqués plus souvent et plus jeunes.

Que les adultes découvrent soudainement qu’ils “ont” probablement un TDAH depuis toujours.

Que la liste des symptômes est si vague et générale que n’importe qui peut s’y identifier.

Que les gens qui gèrent les cordons de la bourse pharmaceutique se frottent les mains devant ces nouvelles opportunités d’affaire.

 

Je crois que notre système d’éducation est brisé.

Qu’il glorifie certaines habiletés en négligeant toutes les autres.

Qu’il n’accepte que la conformité, la standardisation et le talent “académique” en négligeant la créativité et la pensée divergente.

Que l’on fait porter le chapeau de cet échec éducationnel aux étudiants qui n’entrent pas dans le moule, qui pensent différemment.

Qu’à cause de cela, des milliers de personnes croient à tort qu’elles ne sont pas intelligentes et même qu’elles sont malades ou troublées.

 

Enfin, je crois que notre façon d’aborder ce qu’on appelle le TDAH est fondamentalement erronée.

Qu’une fois de plus, des questions de société sont évacuées sous la forme de symptômes à traiter au plus vite.

Que des intérêts financiers l’emportent sur le bien-être des humains.

Que la définition de ce qui est “normal” s’amincit chaque jour au profit de ce qui est un problème médical que l’on doit traiter.

Que nous nous mettons la tête dans le sable sans même le savoir.

Que l’on manipule les mots, les idées et les gens pour faire passer la pilule.

Que c’est une forme de crime qui demeurera fort probablement impuni.

 

Je m’arrête ici. J’en aurais encore long à dire, mais ce sera pour un autre jour.

Je vous avais dit que vous n’aimeriez pas ça.

 

31 Comments
Manu
October 22, 2014 at 10:14 pm

Au contraire Victor! J’adore ça! C’est MOT POUR MOT ce que j’aurais écrit si on m’avait demander mon opinion sur le sujet! Tu parles ici de TDAH mais c’est le même principe pour teeeeellement d’autres problèmes! Merci pour ton texte! J’ai adoré!

October 23, 2014 at 12:45 am

Très bon billet! Habile façon de mettre en mots une critique – tout à fait légitime – très compliquée à exprimer. Bravo!

passion
October 23, 2014 at 2:28 am

Je souhaite dire que mêmes s’il y a de bons points dans cet article, je ne suis pas d’accord. Premièrement, je n’ai aucun mais vraiment aucun déficit d’attention, j’aurais beau essayer, je ne sais même pas comment je ferais. Je me considère chanceuse d’avoir cette qualité d’attention pour avoir vécu avec des membres de ma famille qui n’en avaient pas les capacités et qui essayaient d’avoir un contrôle sur leur attention sans réussir pleinement. Il peut très bien y avoir des facteurs biologiques qui favorisent ou nuisent, après on peut essayer des trucs pour s’aider mais il n’y a pas qu’une question de volonté dans tout ca. Je ne crois pas qu’en niant la portion de vulnérabilité biologique et qu’en mettant l’entière faute/responsabilité sur les efforts d’une personne et les intérêts financiers des compagnies pharmaceutiques qu’on contribue à bien cerner les sources du trouble, à comprendre et à aider la personne. C’est intéressant ce que vous apportez, mais au-delà des exceptions, abus et excès de notre système, il reste que des cas de TDAH selon la définition habituelle existent bel et bien.

    victor_morasse@hotmail.com
    October 23, 2014 at 3:28 pm

    Merci!

    Je n’ai jamais prétendu que la condition n’était pas réelle, ni qu’elle n’avait rien de génétique! Je prétends simplement qu’on la décrit et qu’on la nomme comme quelque chose qu’elle n’est pas. S’il s’agit véritablement d’un trouble neurologique, pourquoi en est-on encore à le diagnostiquer à l’aide d’observations externes? Est-on en mesure de mesurer ce niveau de dopamine trop bas chez les enfants et les adultes qui présentent les symptômes? Pourquoi a-t-on de nouveau élargi la liste de ces symptômes dans la cinquième édition du DSM? Je peux proposer le livre d’Allen Frances, Saving normal, à ce sujet, ou encore celui de Robert Whitaker, anatomy of an epidemic, qui s’intéresse au sujet du diagnostic psychiatrique en général.

    Bonne journée!

October 23, 2014 at 2:17 pm

Je suis totalement en désaccord avec ton article. Je crois que tu n’as pas de déficit d’attention pour écrire cela. Premièrement, permet moi de rectifier quelque chose. Oui il est possible de passer un scan pour voir le cerveau d’un TDAH vs celui qui n’a pas ce trouble. Les hôpitaux ne le font pas pour tous les cas, car ça coûte cher. Mais oui, il y a une différence au niveau du cerveau. Le TDAH est un trouble neurologique. Le cerveau ne produit pas assez de dopamine ce qui cause un dérèglement au niveau du cerveau. Ce qui vient jouer sur la concentration. J’ai écrit un article, le 15 Octobre dernier et j’aimerais que tu le lises. J’explique ce qui se passe dans la tête d’un TDAH. Je n’ai PAS de déficit d’attention mais ma fille oui. J’étudie présentement le cas au CLSC avec une formation à toutes les semaines pour en apprendre d’avantage. Il est important de ne pas banaliser le TDAH. SVP, lis mon article :)

Sans rancune. :)

http://leschroniquesdunefrustree.wordpress.com/2014/10/15/etiquette-mon-oeil/

    daniel
    October 23, 2014 at 4:33 pm

    Ouin, les «chroniques d’une frustrée» ça donne le goût de lire ça 😛 Et sinon, pour ce qui est de ta fille qui a apparemment été diagnostiquée TDAH…savais-tu que le développement NORMAL du cerveau est très lent au niveau pré-frontal. Et savais-tu que le cortex pré-frontal est responsable de l’attention, de l’inhibition et de la planification? Alors pourrions-nous dire qu’il est NORMAL qu’un enfant en bas âge ait moins d’attention qu’un adulte?… je dis ça comme ça…

      October 27, 2014 at 4:18 pm

      Je comprend mais en même temps, ce n’est pas “normal” que quelqu’un ne soit pas capable d’écrire une présentation (par exemple). Ma fille me disait souvent : quand je l’ai en tête, je ne suis pas capable de l’écrire parce que quand je l’écris, je perds mon idée qui est dans ma tête.

      Je ne suis aucunement TDAH, aucunement et je trouve ça très difficile à comprendre. Comment quelqu’un peut avoir de la misère à lire un livre sans oublier la phrase précédente? Comment quelqu’un peut changer d’idée 1000 fois avant de procéder? J’ai aussi le blog : Dans l’univers d’une Tornade… J’explique tout, du début… (les articles sont numérotés…)

      Je ne connaissais pas ca avant.. Je ne savais pas que ça existait.. je suis tombée en bas de ma chaise quand j’ai su. Mais ça existe bel et bien. J’étais la première à être CONTRE la médication mais un moment donné on a pas le choix de se rendre à l’évidence… Pourquoi quand quelqu’un, autant adulte qu’enfant, prend la médication et que tout-à-coup, ils sont capables de lire? Ils sont capables de se concentrer? Quelqu’un qui n’a pas besoin de cette médication n’aura aucun effet s’il en prend. C’est le cerveau qui ne produit pas assez de dopamine et de sérotonine. Avec la médication, ça vient lui donner la dose qu’il n’a pas. Comme quelqu’un qui porte des lunettes. Il a besoin de ses lunettes pour voir…

      Mais bon, ça restera toujours un gros débat de société.

        jason
        February 29, 2016 at 3:28 am

        j’ai donnez des pilules a mes amis en secondaire car je voulais faire un test pour savoir si le tdah existait réellement ou c’était un pure invention pour en maximisez les profits. je sais que ce que j’ai fais ce n’est pas bien mais mes amis on maximisez leur concentration et attention quand il n’était pas diagnostiquer tdah. En plus apres avoir pris leur médicament il on senti un perte de concentration.. j’ai été moi-même diagnostiquer TDAH depuis que j’avais 10 ans, j’ai présentement 18 ans et le problème c’est que quand tu pense que c’est un problème chimique de ton cerveau sa détourne ton attention sur le vrai problème donc tu peut pas le régler. Et celons moi le vrai problème est directement lier a nos habitude et nourriture. TV, écrans d’ordi, cellulaire, OGM, viande, lait, sucre.

      October 27, 2014 at 4:29 pm

      Aussi, Il faut aussi faire attention. Il y a deux types de TDAH. Celui environnemental qui fini par disparaître au fil du temps, celui qui touche les enfants anxieux et qui ont de la difficulté à s’adapter, ces enfants ont d’autres problèmes qui engendrent l’inattention (anxiété, de la difficulté à sociabiliser ETC) C’est normal qu’ils soient dans l lune s’ils manquent de confiance en eux mais ça finira par disparaître…. Et l’autre, le TDAH qui est vraiment au niveau du cerveau et qui aura besoin de médication pour l’aider à contrôler son déficit d’attention. C’est probablement pour ça, aussi que c’est autant controversé. Ceux qui n’ont pas besoin de médication et ceux que oui. C’Est pour ça qu’il faut aller faire les tests et voir des neuropsychologue. C’est pour ça qu’il faut faire des suivis dans des cliniques spécialisées afin de ne pas médicamenter les enfants pour rien.

    daniel
    October 23, 2014 at 4:40 pm

    En plus tu parles qu’il ne faut pas les étiqueter et tu dis des phrases comme : «Ça se passe exactement comme ça dans la tête d’un TDAH»… UN TDAH!!? Parce que la présumée maladie prévaut sur la personne elle-même…..mais c’est pas bien de donner des étiquettes….

      October 27, 2014 at 4:21 pm

      Tu as vraiment raison, hahaha! En fait, j’ai mal choisi mon titre… Je l’avoue. C’était surtout pour faire comprendre que ce n’est pas parce qu’un enfant bouge sans arrêt qu’il a un déficit d’attention. C’était surtout pour dénoncer la fameuse mentalité que c’est parce que les prof sont épuisés qu’on doit médicamenter nos enfants.

    victor_morasse@hotmail.com
    October 23, 2014 at 7:04 pm

    Bonjour!

    Merci pour votre commentaire. Je serais intéressé à savoir à quel endroit au Québec, au Canada ou aux États-Unis il est possible de passer un scan pour obtenir un diagnostic de TDAH ou de tout autre trouble psychiatrique. Si c’est une manière de faire qui m’a échappé et dont je ne suis pas courant, je m’en excuse.

    J’aimerais aussi savoir quelles études vous permettent de dire qu’un dérèglement au niveau de la dopamine est présent chez les gens atteints de TDAH. Encore une fois, j’avais l’impression qu’il était difficile voire impossible de mesurer directement les taux de neurotransmetteurs présents dans l’organisme d’une personne vivante, mais je ne suis pas un expert.

    Enfin, si vous relisez mon texte vous verrez que je nie nulle part l’existence d’un syndrome (plusieurs symptômes qui apparaissent ensemble) lié à l’inattention et l’hyperactivité. Je dis aussi que les gens qui vivent de cette manière peuvent et doivent être aidés.

    Bonne journée!

      October 27, 2014 at 4:27 pm

      Je suis présentement en train de suivre une formation au CLSC et nous ont montré des photos d’un scan pour montrer la différence entre les deux cerveaux. Si l’enfant, ou l’adulte est suivi en psychiatrie à l’hôpital, il y a possibilité de passer ce scan. Par contre, puisque ça coûte tellement cher, ils le font de moins en moins. Pour ce qui est des études, tu peux regarder sur internet, tous les sites le diront que c’est un dérèglement au niveau du cerveau.

      Il faut aussi faire attention. Il y a deux types de TDAH. Celui environnemental qui fini par disparaître au fil du temps, celui qui touche les enfants anxieux et qui ont de la difficulté à s’adapter, ces enfants ont d’autres problèmes qui engendrent l’inattention… Et l’autre, le TDAH qui est vraiment au niveau du cerveau et qui aura besoin de médication pour l’aider à contrôler son déficit d’attention.

October 23, 2014 at 4:00 pm

Ah ben. Moi, j’ai eu le diagnostic de TDA a 40 ans. Ca faisait 30 ans qu’a chaque jour je cherchais mes clés. Pis à partir de la première journée de médication, je ne les ai plus jamais perdues ni cherchées. Ça doit rien vouloir dire j’imagine. Ca doit être que ca me prenait une excuse pour commencer à ne pas les perdre??? Pfff. N’importe quoi.

Si le cerveau/corps humain était si facile à comprendre, y a longtemps qu’on aurait réglé ben des problèmes… La stupidité humaine entre autre…

    victor_morasse@hotmail.com
    October 23, 2014 at 6:56 pm

    Bonjour!

    Je comprends que mon texte vous fasse réagir. Je peux vous assurer que je ne suis pas indifférent aux difficultés que peuvent vivre les gens dans votre situation. Si vous prenez quelques minutes pour relire mon texte, vous verrez que je ne dis nulle part que le déficit d’attention en tant que tel n’existe pas. Je dis aussi que les gens peuvent être aidés, outillés et que ce qu’ils vivent ne doit jamais être minimisé. Je ne dis pas non plus que les médicaments sont inutiles ou qu’ils ne devraient jamais être envisagés.

    J’affirme simplement qu’on nomme cette condition et qu’on la définit d’une certaine manière sans avoir de preuves solides de ce qu’on avance.

    Je suis bien d’accord avec vous sur un point. Si le cerveau/corps humain était aussi facile à comprendre, on aurait réglé bien des problèmes. Pourtant, il est bien plus complexe que cela, et c’est ce que j’ai voulu illustrer dans mon texte.

    Bonne journée!

Pierre LeMoyne
October 23, 2014 at 6:57 pm

C’est une très intéressante réflexion, et oui, tout à fait, il y a des abus médicaux par exemple pour vendre certain médicament. Il y a du vrai, tu vas juste un peu trop loin. Le fameux scan du cerveaux existe et a été contre vérifier, il y a un problème réel MAIS un nombre de personnes peut-être important, se font dire qu’elle ont ce problème sans qu’on ajoute un degré ou un niveau de la maladie qui, c’est aussi démontré, peut-être contrôlée par plusieurs sans médicaments. Pour les autres, la médication a donné dans un grand nombre de cas, d’excellent résultat.
Je vais essayé decretrouvé les imageries médicales et les posterai.
Tu as eu le mérite de soulever la discussion et de mettre en évidence que pour des personnes, enfants ou adultes, la médication n’est pas toujours la seule solution.

October 23, 2014 at 7:34 pm

oh boy… jpense que ta aucune idée de cest quoi vivre avec un TDAH mon grand .. cest BEAUCOUP plus que tout ce que t’as pu parler dans ton texte…… ta dlair a penser que cest tout simple.. LOLL désolée… ca lest pas pentoute.. jvais arreter ici… parce que jen aurais long a te raconter moi avec :)

    victor_morasse@hotmail.com
    October 24, 2014 at 1:18 am

    Bonsoir,

    Je n’ai en effet aucune idée de ce que vit une personne avec des symptômes d’inattention si intenses qu’ils lui pourrissent la vie et l’empêchent de fonctionner. Je peux toutefois vous assurer que je ne suis pas insensible à cette réalité. Relisez mon texte, vous verrez que je ne nie nulle part l’existence de cette condition et que j’affirme même que les personnes qui en souffrent doivent être aidées, guidées et outillées. Parfois même traitées grâce à de la médication, mais beaucoup moins souvent que c’est le cas en ce moment, je crois.

    Je m’attaque à la façon de nommer les choses, de créer des liens sans avoir de preuves scientifiques et de médicaliser certaines conditions humaines qui ne devraient pas l’être.

    Bonne journée

Marie
October 23, 2014 at 10:39 pm

Wow, l’art de parler à travers son chapeau et de dire n’importe quelle idiotie, c’est impressionnant comment tu peux réduire la souffrance de milliers de personnes à cela.

    victor_morasse@hotmail.com
    October 24, 2014 at 1:10 am

    Bonjour,

    Merci pour votre commentaire, même si je ne crois pas vraiment écrire des idioties. Si vous relisez mon texte, vous verrez que je ne réduis pas la souffrance reliée à un manque d’attention ni aux problèmes qui peuvent y être reliés. J’affirme d’ailleurs que les personnes qui ont ces problèmes peuvent et doivent être aidés. Je ne nie nulle part l’existence des difficultés, je conteste plutôt l’appellation qu’on leur donne et l’explication qu’on propose pour en justifier le traitement.

    Bonne journée!

Marie-Hélène
October 24, 2014 at 4:22 pm

À la question autour de la nomenclature, oui le TDAH est classé dans les Troubles neurodéveloppementaux (DSM-5). Cela ne veut pas dire d’emblée que la cause est neurologique ou biologique. En effet, les causes ne sont pas établies!!! N’importe quel professionnel qui se respecte vous le dira. Des facteurs environnementaux peuvent être en cause, des polluants, des traumatismes, de la négligence, etc. Il ne manque pas de diversité dans les études étiologiques. Et les spécialistes s’entendent pour attribuer des facteurs héréditaires au trouble, en plus de démontrer des différences par l’imagerie cérébrale (scan etc).À mon avis, certaines personnes font des «raccourcis intellectuels» en confondant l’étiologie et les symptômes. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental, car il affecte les fonctions cognitives (neuro) et qu’il se poursuit pendant le cours de la vie, il n’est pas épisodique, et affecte le développement (développemental). Ce n’est pas parce qu’il est d’origine neurologique que l’on le nomme ainsi, mais bien plutôt parce qu’il AFFECTE le fonctionnement cognitif ou neuropsychologique (contrôle attentionnel, fonctions exécutives, autorégulation etc.). En effet, les compagnies pharmaceutiques récupèrent des sommes incroyables avec leurs psychothropes, et le traitement pharmaco peut réussir à réduire les Sx pour près de 70% de sa clientèle (ce qui n’est pas négligeable!!). Par contre, l’avantage d’emphaser sur sa manifestation «neuro», dans le DSM 5, c’est qu’on espère que de moins en moins d’omnipraticiens ou psy ou autres, aussi compétents soient-ils, fassent un diagnostic dans une rencontre de 10 minutes avec un check-up de symptômes comportementaux. Car le déficit attentionnel doit être présent, et cela se mesure, avec des tâches qui évaluent l’attention, entre autre, et tes collègues neuropsychologues mettent du sérieux à cette tâche et certains en font leur spécialité. Alors je suis tout à faire d’accord avec une partie de l’esprit de ton texte, soit de réduire les erreurs diagnostiques. Je pense par contre qu’on est sur la bonne voie.

Bref, non, la cause n’a pas été déterminée, ET CE, comme dans la vaste majorité des autres diagnostics du DSM. À ce sujet, puisqu’il n’y a pas de marqueurs biologiques propres à, par exemple, la dépression, auras-tu la même réflexion envers celle-ci? Hors, la cause d’un débalancement des neurotransmetteur (sérotonine dans le cas de la dépression) fait partie des hypothèses étiologiques, et j’aimerais savoir si tu t’en formalises autant que pour le TDAH. Car après tout, on se base sur des observations externes pour diagnostiquer la presque totalité des troubles du DSM. Et effectivement, on ne peut pas parler d’une maladie avec le TDAH: on n’en connait ni la cause, et il n’y a pas de «cure». Je n’ai cependant jamais entendu parler du TDAH en des termes de maladies. À la limite, ce que j’entends le plus, c’est que le TDAH n’est pas ce que l’on A, c’est ce que l’on EST. Ce qui me choque le plus dans ton texte, c’est ton intention (avouée d’emblée) de choquer, et le fait que tu «attaques» (ce sont tes mots) un phénomène entourant une réalité vécue par des personnes dont l’estime d’elle-même a déjà été assez amochée comme ça. Donc, je reviens à cette question, attaquerais tu de la même façon l’ensemble des autres diagnostics qu’on retrouvent dans le DSM et qui souffrent, grosso modo, des mêmes biais ou mésinterpétation dont souffre le TDAH?

    victor_morasse@hotmail.com
    October 25, 2014 at 6:09 pm

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre commentaire très pertinent. Je rédige en ce moment un deuxième texte sur le sujet, où je tente de clarifier et de préciser certaines idées. J’aimerais bien avoir votre opinion lorsqu’il paraîtra!

    Voici toutefois une piste de réponse: Je considère tous les diagnostics du DSM de la même manière que le TDAH. Les “maladies mentales” qui y sont détaillées sont des concepts “inventés”, dans le sens qu’ils proviennent d’un consensus entre des humains qui décident de ce qui est pathologique et de ce qui ne l’est pas plutôt que d’un réel procédé scientifique.

    La théorie sérotoninergique de la dépression n’a jamais pu être confirmée, même près de 60 ans après l’apparition des premiers médicaments psychopharmacologiques. Il en va de même pour la théorie dopaminergique de la schizophrénie. Ces modèles constituent des simplifications douteuses utilisées comme un rationnel de traitement sous la bannière du “débalancement chimique dans le cerveau”.

    Je n’ai jamais nié la souffrance ou l’existence des difficultés et des symptômes. Le fait de ne pas les accepter comme des maladies ne change absolument rien à ma capacité de compassion, d’écoute ou de soutien. Dans la grande majorité des cas, je crois que les personnes que l’on appelle “les TDAH” sont créatives, talentueuses et remplies de potentiel, mais que nous faisons l’erreur de simplement considérer cette façon différente de penser et d’agir comme une série de symptômes.

    Je vous conseiller fortement les deux lectures suivantes ainsi qu’un visionnement très pertinent:

    Whitaker, Robert. Anatomy of an epidemic. 2010
    Frances, Allen. Saving Normal. 2013.

    Conférence RSA (disponible sur youtube): Ken Robinson, changing paradigms.

    Merci encore, bonne journée!

ano nyme
October 24, 2014 at 10:20 pm

Bonjour,
Je comprends ce que tu dis dans ton article. Étant moi-même étudiante en psychologie, je comprends la nécessité des preuves pour poser un diagnostic mais en ce qui concerne le TDAH, des preuves, il y en a 13 à la douzaine. Un cours de neuropsychologie t’aurait peut-être éclairé sur le sujet. Des scans démontrant la sous-régulation ou bien la sur-régulation de certaines régions du cerveau chez les TDAH, des niveaux de dopamine plus bas, des atrophies de certaines régions du cerveau…Tu n’as qu’à aller taper TDAH dans les banques de données universitaires et tu auras toute cette info. En ce qui concerne l’appellation, je sais que l’étiquetage n’est pas toujours une bonne chose mais les gens veulent savoir. Quand leur enfant réussi mal à l’école et a de la difficulté à se concentrer, a parfois même de la difficulté à se faire des amis, pas parce qu’il n’est pas intelligent mais bien parce qu’il existe un trouble pouvant expliquer ces symptômes, les parents veulent le savoir. Je reviens enfin sur le point de la stigmatisation. Ne sommes-nous pas, en tant que personne vivant dans une société, ceux qui stigmatisent la maladie mentale? Au même titre que le diabète ou bien les maladies cardiovasculaires, le TDAH et bien d’autres maladies mentales sont des maladies pouvant être traitées. Parfois, on peut les traiter sans médicaments mais d’autres fois, il s’avère impossible de le faire sans avoir recours à la pharmacologie.

October 25, 2014 at 2:28 am

Re-bonjour à Victor et à toutes les personnes qui liront ou ont déjà lu son texte qui, selon moi, est d’une grande pertinence ne serait-ce que parce qu’il n’y a trop souvent qu’un seul point de vue sur cette question.

Le contre argument fréquemment servi : “Vous ne savez pas ce que c’est que de vivre avec, moi oui!” est un argument valide pour toutes les foutus affections possibles du genre humain, de l’oignon au pied jusqu’au cancer du cerveau! Pourquoi? Parce qu’il réfère à l’expérience subjective de chaque personne. C’est un fait lié à l’expérience humaine. C’est tout!

Un autre fait, brillamment soulevé dans le texte de Victor, est que la tendance au surdiagnostic du déficit d’attention ou de l’activité qualifiée d'”hyper” dans notre société nuit plus qu’elle n’aide en général. C’est un problème de société quand on voit des troubles trop facilement et quand l’industrie pharma s’enrichie de cette tendance qu’elle travaille elle-même à entretenir. Cependant, accuser l’industrie, c’est comme défendre bec et ongle la théorie neurologique du trouble: c’est facile à dire, mais très difficile à prouver objectivement.

Je travaille dans le milieu de la santé mentale comme intervenant depuis plus de 15 ans auprès de personnes qui ont vécu des séjours en psychiatrie. Je crois profondément à l’importance de l’expérience subjective et à sa prise en compte dans l’amélioration de l’état de santé d’une personne (écouter l’histoire de vie, inciter à la prise de parole, vivre l’entraide). Je crois qu’il faut non seulement déstigmatiser la santé mentale, mais surtout normaliser les problèmes quotidien de la vie humaine en les sortant du médical. Je m’intéresse au phénomène exponentiel des taux de déficit d’attention depuis plus de 8 ans et il y a bel et bien, à mon avis, un débat étouffé sur la question. Il semble plus que commode d’englober un ensemble de “petits symptômes” (“petit” parce que perdre ses clés par rapport à faire des psychoses à répétition ce n’est pas grand chose…) à l’intérieur d’un grand chapeau (le TDAH) pour noyer les différences individuelles.

Pourtant avec les années, je ne m’explique pas pourquoi dès qu’une personne émet une opinion sensée sur la dénonciation d’un phénomène de masse, en l’occurence ici une critique de la thèse TDAH, une armée de “fantassins” défenseurs du modèle dominant en place revendiquent alors leur expérience pour détruire ou dénigrer le propos. Ce serait pourtant utile de considérer ce propos parce que cela permettrait probablement de pousser plus loin l’investigation sur ce soit-disant trouble qui, à mon avis, n’a pas que des ramifications neurologiques. Un problème complexe, appelle à être considéré dans toute sa complexité et jamais selon un seul angle d’analyse…
Aucun autre diagnostic que le TDAH n’est défendu avec autant de ferveur par les personnes ayant reçu ce diagnostic ou encore par les proches (particulièrement les parents).

Par simple solidarité pour les personnes qui reçoivent des diagnostics alors qu’ils n’en auraient pas besoin et à qui ont prescrits des psychotropes inutilement, je crois que nous avons un devoir d’ouverture à tous les points de vue PARTICULIÈREMENT ceux qui revisitent le concept (encore floue et complexe) du TDAH dans sa portée sociale. Un texte comme celui de Victor invite au débat et devrait être considéré plutôt que rejeté simplement parce qu’il ébranle une conception bien ancrée: le TDAH existe en tant que maladie neurologique et ses manifestations rendent la vie de la personne et celle de son entourage difficile. Disons que je suis d’accord avec la deuxième partie, mais je crois qu’il faut accepter collectivement de reconsidérer la première.

Bonne soirée!

    victor_morasse@hotmail.com
    October 25, 2014 at 5:59 pm

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour ce commentaire. Je rédige en ce moment un deuxième texte sur le sujet, en essayant d’éclaircir certains points du premier qui auraient pu être mal perçus ou compris.

    Je vous vole d’ailleurs la dernière partie de votre texte: Le TDAH existe en tant que maladie neurologique et ses manifestations rendent la vie de la personne et celle de son entourage difficile. Je suis d’accord avec la deuxième partie, mais je crois qu’il faut accepter collectivement de reconsidérer la première.

    Merci encore, j’espère avoir vos commentaires pour le prochain texte!

Jean-Philippe
October 25, 2014 at 6:03 pm

Je suis tout à fait en accord avec le texte principal et l’opinion émise par littlep9. J’ai peu à ajouter sur ces éléments outre qu’effectivement le refus de discuter d’un point vue divergeant limite considérablement l’avancée de la connaissance, non seulement sur la question du TDAH mais également sur le principe de responsabilité individuelle et sociale.

Ceci dit, certains commentaires manquent cruellement de vérité scientifique et contribuent à étendre le mythe concernant les difficultés inhérentes à l’existence.

Contrairement à la croyance populaire il n’existe toujours aucun moyen objectif de détecter quelque trouble mental que ce soit, y compris le TDAH. Il est absurde de faire valoir l’argument économique pour justifier l’absence de test pour en faire le diagnostic. Il serait tout aussi absurde d’annoncer à une personne qu’elle souffre d’un cancer sans données objectives pour le confirmer (scan, biopsie, etc.) sous prétexte que les fonds publics sont insuffisants. Même les plus grands défenseurs de la biopsychiatrie admettent sans broncher ce troublant état de fait et ce, en dépit des positions biologiques qu’ils défendent.

Par ailleurs, il aura été largement démontré qu’il n’existe actuellement aucune neurobiologie connue pour expliquer les problèmes de santé mentale, encore une fois, y compris le TDAH. Cela demeure à titre d’hypothèse uniquement et n’aura jusqu’à maintenant jamais été objectivé sur le plan scientifique. Ce qui ne veut par ailleurs pas dire que cette hypothèse soit dénuée de sens. Cela veut seulement dire qu’il s’agit d’une hypothèse et non d’un fait, contrairement à ce que les “experts” sur le sujet prétendent.

Un des problèmes majeurs avec cette vision de la chose est qu’elle soit utilisée pour justifier l’administration marquée de psychotropes puissants, parfois à des doses inquiétantes, pour “traiter” ou à tout le moins gérer les “symptômes” dérangeants sans que l’efficacité et la sécurité au long terme d’une telle intervention ne soient démontrées. On aura au contraire démontré que l’utilisation de stimulants sur une longue période n’avait aucun effet bénéfique sur les conduites dérangeantes en plus de poser des risques sérieux pour la santé et le développement cérébral. C’est peu dire!

Il ne s’agit pas ici de nier l’existence de difficultés d’attention et de concentration chez une portion importante de la population, bien au contraire et je crois en ce sens que l’auteur de ce billet fait ressortir admirablement bien cet élément, et avec toute la délicatesse qu’un tel sujet demande . Il s’agit de se questionner, de remettre en perspective, en discutant, un paradigme de compréhension et de soin des difficultés humaines qui n’aura malheureusement démontré que très peu au cours de ses 60 années d’existence.

Voici quelques références qui appuient mon propos:

1. NIMH collaborative multisite multimodal treatment study of ADHD. Richters, J. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry 34 (1995):987-1000.

2. 3-year followup of the NIMH MTA Study. Jensen, P. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry 46 (2007):989-1002.

3. Mta at 8 years. Molina, B. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry 48 (2009):484-500.

4.Baumeister, A. A. & Hawkins, M. F. (2001). Incoherence of neuroimaging studies of attention
deficit/hyperactivity disorder. Clinical Neuropharmacology, 24(1), 2-10.

5.Cohen, D., & Leo, J. (2004). An update on ADHD neuroimaging research. The Journal of

Mind and Behavior, 25(2), 161-166.

Vidéo d’une conférence de Robert Whitaker:

https://m.youtube.com/watch?v=gigZD4RIXhg&feature=youtu.be

Seb
November 6, 2014 at 10:08 pm

Je ne comprend pas trop de quoi tu parles… faudrait peut-être que je relise ton texte sans regardermescourrielsrépondreàdestextosparleravecmavoisineprévoirmonweekendpismenuyerdemoncousin..

😉

Good job !!

Au fait, je disais quoi déjà???
November 7, 2014 at 1:00 am

Bravo Seb, ta façon si typique de répondre illustre parfaitement ton opinion et ta condition, la boucle est bouclée pour ainsi dire: ceux qui souffrent de cet enfer “invisible” comprendront parfaitement le cheminement mental si spécifique pouvant amener à répondre avec un mélange d’ironie, de sarcasme, d’humour sans toutefois vouloir blesser l’interlocuteur, car l’hypersensibilité est toujours omniprésente…
Les plus malheureux, sont ceux qui n’ont pas encore été diagnostiqués, et ils risquent de rester pour toujours incompris(par eux-mêmes!) avec ce genre de “négationnisme intellectuel gratuit”.
Mais bon, je le comprends tout de même, car avant de savoir de quoi je souffrais, j’assimilais mes maux à de la faiblesse personnelle; alors imaginez un regard extérieur…

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