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Je veux parler de Basketball

April 21, 2015   

Je n’en parle jamais.

Précision.

Je n’en parle jamais, ici.

Si vous avez le malheur de me croiser près d’un gymnase (je vis à 14 pas d’un gymnase), il est fort possible que j’aborde le thème du ballon orange.

Beaucoup. Et longtemps. Vous allez devoir trouver une excuse pour changer de sujet ou foutre le camp.

Mais je ne parle jamais de Basketball, ici.

Sans trop savoir pourquoi.

Je crois que j’ai peur de vous ennuyer.

Après tout, ce n’est pas du hockey.

Sauf qu’aujourd’hui, je veux en parler.

Je veux parler de Basketball parce que les caprices, les beautés, les malheurs et les miracles de ce sport façonnent ma vie depuis tout près de 20 ans.

Parce que le temps passe mais que les planches, les lignes, les anneaux et les bancs de bois demeurent immuables.

Je veux parler de Basketball parce qu’en 4ème année, alors que j’étais petit, rond et terrifié par l’idée de courir pendant plus d’une minute, j’ai bien failli abandonner mon équipe de mini-basket qui jouait avec des t-shirts de coton gris.

Et que je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemblerait ma vie si j’avais pris cette décision, à tout juste 9 ans.

Je veux parler de Basketball parce que je viens de finir une saison à deux équipes, ma 12ème comme entraîneur.

Que je suis incroyablement fier, chaque fois qu’arrive le mois d’avril, en observant le chemin parcouru lors des 8 derniers mois.

Que je suis fatigué sans être épuisé de ce rythme un peu fou qui me donne toujours plus d’énergie qu’il ne m’en enlève, au bout de la route.

Et que ce samedi matin mon café me regardait d’un air surpris quand je ne suis pas parti coacher un match.

Je veux parler de Basketball à cause du formidable pouvoir de ce sport.

Qui construit des familles à travers l’émotion pure.

Qui grave des souvenirs inoubliables dans le corps, le coeur et le bois des planches.

Qui apprend la valeur du travail, l’importance de l’échec, le plaisir d’être ensemble.

Et le réconfort d’être un tout plus grand que la somme des parties.

Je veux parler de Basketball à cause des gens qui ont croisé ma vie à travers lui. Pour toutes les métamorphoses remarquables dont je suis témoin chaque jour, entre 4 lignes.

Pour les kids négatifs, impulsifs et tourmentés devenus des leaders en contrôle de leurs émotions.

Pour les petites filles timides convaincues de ne pas avoir de valeur ou de talent transformées en jeunes femmes magnifiques et assurées.

Pour ceux et celles qui sont devenus des adultes que je considère comme mes amis.

Pour ceux et celles qui étaient autrefois mes entraîneurs et mes professeurs qui font aujourd’hui partie de ma famille de ballon orange.

Je veux parler de Basketball parce qu’être coach n’a rien d’un passe-temps ou d’un loisir pour moi.

C’est une job de coeur qui aspire mes minutes et réveille mes nuits.

C’est une destination finale autant qu’un chemin à parcourir.

C’est un rôle majeur de ma vie, même s’il ne me permet pas de la gagner.

Parce qu’entre 4 lignes, je me sens véritablement utile et en vie.

J’ai l’impression de faire une différence, des fois.

De construire quelque chose d’important qui défie la futilité de nos jours identiques et le vide de nos routines industrielles.

Je veux parler de Basketball parce que je ressens de la gratitude pour chaque moment passé avec lui.

Et que je souhaite tous les jours que ça ne s’arrête jamais.