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Ça ne s’arrêtera pas

July 17, 2016   

Arrêtez de penser que ça va s’arrêter.

Arrêtez de mettre des filtres sur vos murs.

Arrêtez de croire que l’espoir est suffisant pour combattre la peur, l’ignorance et la haine.

Parce que ça ne s’arrêtera pas.

Les tueries, les meurtres, les attentats, les folies et les non-sens.

Ce n’est que le début.

Dans leur nombre, leur fréquence, leur intensité et leur violence, ces moments d’horreur ne sont que des prémisses.

Ce sont des moments que nous cultivons et que nous entretenons chaque jour sans même le réaliser ou le vouloir.

Ce ne sont pas des moments politiques ou religieux.

Ce ne sont pas des moments fanatiques.

Ce ne sont pas des moments inhumains, bien au contraire.

Ce sont des moments de peur, d’ignorance et de haine.

Et ces trois tissus s’entremêlent dans chacun de nous comme des racines.

Comme des réflexes de survie aussi sauvages et intolérables que nécessaires et automatiques.

Nous sommes tous Charlie, Nice, le Bataclan, Orlando, Columbine, Newtown, le 11 septembre et tous ces moments dont nous n’entendons même plus parler, ailleurs.

Ceux qui parsèment nos bulletins de nouvelle sans nous émouvoir, sans nous remuer, sans nous ébranler.

Ça ne s’arrêtera pas parce que c’est en nous.

Nous sommes conditionnés à la peur, l’ignorance et la haine.

Et les moyens que nous avons pour exprimer ces horreurs d’humains sont plus nombreux, plus puissants et plus accessibles que jamais.

Ils s’enflent et se multiplient à coups de technologie et de progrès, nos prouesses techniques évoluent bien plus rapidement que notre empathie et notre compassion.

Et nous ne savons pas comment utiliser les armes véritablement utiles pour mener ce combat.

La peur se combat par la sécurité.

Pas la sécurité des aéroports, des policiers, des matraques et des caméras de surveillance.

La sécurité des parents qui prennent soin de leurs enfants, des humains qui se supportent, des communautés qui s’entraident, des nations qui se rejoignent.

L’ignorance se combat par le savoir.

Pas le savoir des corporations, des marges de profit, de la recherche appliquée et de l’avidité.

Le savoir de la culture, des erreurs du passé, de la nature et de la terre, de ce qui fait de nous des hommes plutôt que des bêtes.

La haine se combat par l’amour.

Pas l’amour de l’image, du pouvoir et de l’ego.

L’amour de soi et des autres, la douceur du contact, le réconfort de cesser de se défendre, l’amour comme remède à la méfiance.

Mais nous avons construit un système économique, politique et social qui alimente la peur, l’ignorance et la haine plutôt que la sécurité, le savoir et l’amour.

Qui liquide notre compassion dans le loisir et le divertissement.

Qui construit des castes, des strates et des étages dans nos tours d’ivoire et nos bas-fonds humides.

Qui nourrit l’indifférence, l’égocentrisme et l’inconscience dans un bien-être temporaire et artificiel.

Qui laisse le monde devenir hostile et toxique à grands coups de balles de semi-automatiques mais aussi de gaz à effet de serre, de privatisation sauvage et de candidats républicains.

Alors, ne pensez pas que ça va s’arrêter.

Les fusillades, les tueries, les meurtres, les folies et les non-sens.

Ce ne sont pas des moments hors du monde, ce sont des symptômes directs de notre manière de vivre.

Nous n’avons pas besoin de réformes, elles ne suffisent plus.

Nous avons besoin de révolutions.

De la profonde compréhension que notre mode de vie conditionne ces instants.

Et que ça ne s’arrêtera pas.