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J’veux (encore) changer le monde

October 7, 2017   

Je suis pas cynique.

Je croyais que c’était une affaire de dizaine.

Qu’en changeant de gang décennique, je deviendrais rapidement blasé/défaitiste/fataliste.

J’vois plein de gens blasés autour de moi.

Et j’ai de foutues bonnes raisons de l’être aussi.

Le monde tourne Orange, on va pas se mentir.

Je lis moins le journal qu’avant pour faire semblant que ça existe pas.

Et parce qu’il y a plus vraiment de journal.

Juste des click-bait et des gens qui recopient des nouvelles en salivant de l’encre.

Bref.

Je lis moins le journal mais je reste convaincu qu’on est mal barrés.

Même que je pourrais vous écrire une phrase pléonasmée digne des meilleures intro de philo 1, au cégep:

Dans notre société contemporaine d’aujourd’hui…

Ça va mal en esti.

En plus ça rime. Ça me donne des points en français, ça, au cégep?

Ça existe encore, le français et la philo, au cégep?

Bref.

Je vois des gens micro-blasés partout.

Frustrés et impuissants dans leur milieu de travail ou leur famille.

Qui ont décidé que rien ne pouvait changer à l’intérieur ou à l’extérieur d’eux-mêmes.

Ils ont pris le chemin des plaintes corrosives et redondantes qui donnent le goût au chum ou à la blonde de crisser son camp.

C’est un chemin insidieux, qui se trace lentement, sans que ça paraisse vraiment au départ.

Et un jour, tu te réveilles avec un goût amer dans la bouche et tu sais pas comment c’est arrivé.

Tu te plains avant le premier café.

Tu décourages les initiatives, tu ridiculises l’idéalisme et tu entraves même la nouveauté et le changement.

T’es micro-blasé.

Je vois des gens macro-blasés aussi.

Certains que la race humaine est une vidange égocentrique qui court (rapidement) à sa perte.

Convaincus que les initiatives écologiques, de justice sociale et d’entraide ne sont que des panacées sucrées autour d’une fin du monde programmée.

Ils ont pris le chemin du biais de sélection, celui par lequel on accorde systématiquement plus d’importance relative au dernier Tweet d’Orange qu’au projet humanitaire qui sauve des milliers de vie.

C’est un chemin insidieux, qui se trace lentement, sans que ça paraisse vraiment au départ.

Et un jour, tu te réveilles avec un vide dans le ventre, un trou dans le sens de la vie, une peur maladive de pas survivre à la fucking stupidité de la race humaine.

Tu te dis que ça te sert à rien de te casser le cul au boulot ou d’être fin avec une vieille madame parce qu’un dégénéré, quelque part, est probablement à deux doigts d’appuyer sur un gros bouton rouge avec une tête de mort dessus.

T’es macro-blasé.

T’es cynique.

Moi aussi, des fois.

Souvent.

Mais j’veux encore changer le monde.

J’ai pas envie d’accepter d’être fataliste.

J’veux me rouler dans l’idéalisme et ressortir avec des sparkles d’espoir partout sur le corps.

J’ai le goût de travailler, d’écrire, d’aimer, de démarrer des projets et de faire des plans d’avenir. J’veux avoir des enfants et leur garantir qu’ils vont être en sécurité dans ce monde improbable.

Je décide d’être micro-optimiste.

J’veux être vraiment vieux et en santé à cause de technologies badass, voir la première femme noire présidente, m’émerveiller devant des cossins dont je comprendrai pas le fonctionnement, raconter des histoires anciennes de modem téléphonique, de Super NES et du temps où on conduisait nous-mêmes les voitures.

Je décide d’être macro-optimiste.

Et je vais participer à tout ça. Un p’tit morceau qui va disparaître et se faire oublier dans l’éternité, mais un p’tit morceau quand même.

C’est mieux que rien, j’pense.

Je sais pas comment.

Je pense que je sais même pas pourquoi.

Sauf que j’veux encore changer le monde, et que je ferai pas ça tout seul.

J’accepte les C.V. pour qui veut me donner un coup de main et/ou me montrer comment.

Optimisme un atout.

Cyniques s’abstenir.

Aucune expérience requise.