Suivre le vent
Show MenuHide Menu

Archives

January 2018
M T W T F S S
« Dec    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Diagnostiquer Donald

January 20, 2018   

Il existe une règle, dans le code de déontologie des psychiatres américains, qui stipule qu’ils ne peuvent diagnostiquer l’état mental d’une personnalité publique qu’il n’ont jamais rencontrée.

La règle Goldwater.

Elle s’appelle comme ça parce qu’en 1964, un magazine avait interrogé des “experts” pour qu’ils commentent sur  la santé psychologique de Barry Goldwater, candidat à la présidence américaine.

Barry n’avait pas apprécié qu’on joue dans sa tête en son absence et sans son consentement. Il avait intenté et remporté une poursuite en diffamation et empoché 75 000$.

C’était legit, Barry. T’as pas gagné l’élection mais au moins ta psyché est hors-limite, on comprend.

Sauf que depuis un an, les psychiatres américains s’en foutent un peu, de la règle Goldwater.

Ils écrivent et commentent allègrement sur leur président.

Ils ont même publié un livre, The dangerous case of Donald Trump, dans lequel ils se livrent à un magasinage pathologique en règle, remplissant leur panier d’épicerie psychiatrique de malignant narcissism et d’extreme hedonism.

Pour être honnête avec vous, je ne suis pas un fan de cette catégorisation diagnostique pompeuse.

En fait, pour être parfaitement honnête avec vous, je crois depuis assez longtemps qu’il s’agit d’une farce scientifique grave.

Mais comme je crois aussi que Donald nous fait du mal à tous, je me dis que mieux le comprendre pourrait peut-être nous aider à devenir résilients face au traumatisme mondial qu’il est en train de nous infliger.

Je vais donc me prêter au jeu du diagnostic en ignorant volontairement les listes à cocher du DSM-5, j’espère qu’il ne m’en voudra pas trop.

Alors, voilà, Donald…

C’est un kid de 8 ans.

Vous êtes déçus? Vous auriez aimé un mot qui coule bien comme sociopathe? Ça fond dans la bouche, sociopathe, c’est l’fun.

Bin non. Juste un kid dans un suit et des souliers trop grands pour lui.

Bien sûr qu’il est narcissique. Tout le monde l’est, vous et moi y compris. On utilise ce terme à toutes les sauces sans comprendre que le narcissisme, c’est un outil de croissance essentiel pour se protéger du monde extérieur et maintenir une image positive dans les moments difficiles.

Les kids de 8 ans sont narcissiques à l’excès et égocentriques parce qu’ils sont en plein développement personnel. Ils ont de la difficulté à admettre leurs erreurs parce que c’est trop dur pour leur ego. Ils peinent parfois à éprouver de l’empathie et à se mettre à la place des autres parce qu’ils sont bien occupés à se construire de l’intérieur.

Dans le développement “normal”, les kids de 8 ans deviennent des adultes assez solides pour dépasser ces préoccupations et s’ouvrir à l’autre, à la différence, à la divergence d’opinion et même à la peur que tout cela peut générer.

Pas Donald.

Donald boude, Donald réplique, Donald ne prend aucune responsabilité. Donald se sent trop fragile pour dire my bad, sorry guys.

Very stable genius, indeed.

En plus de ça, comme tous les kids de 8 ans, Donald n’a pas vraiment d’amortisseur émotif.

Dès qu’il vit une émotion difficile (comme la colère, disons), Donald la transforme en tweet incendiaire et imprévu qui donne des migraines à ses attachés de presse.

Les adultes “sains” qui vivent cette même colère sont capables de se dire quelque chose du genre: “Eille, ça me fait chier en esti que Kim Jong m’écoeure avec son bouton rouge, mais je vais prendre une minute pour respirer et en parler à mes conseillers, c’est sûrement plus raisonnable.”

C’est la beauté de notre cortex préfrontal, la grosse affaire à l’avant de notre tête qui crée progressivement des connexions inhibitrices jusqu’au centre émotionnel de notre cerveau pour lui dire de prendre son pouls.

Pas Donald.

Donald tweet que son bouton rouge à lui est plus gros et qu’il est fonctionnel, agitant la menace d’une guerre nucléaire pour des considérations de l’ordre de la mesure de l’organe génital masculin.

Son cortex préfrontal est en sabbatique récurrente.

Finalement, élément central de mon analyse, Donald aime les steaks bien cuits avec beaucoup de ketchup, les cheeseburger et la liqueur.

Il préfère les loisirs au travail, aime les films d’explosion et n’a aucune idée de la manière de gérer sa coiffure.

Je suis capable d’affirmer que tout cela est suffisant pour appuyer mon diagnostic officiel.

Donald Trump est un kid de 8 ans qui dirige la première puissance mondiale.

J’attends l’appel de la CIA.

Prochain texte en direct de la Maison-Blanche.