Suivre le vent
Show MenuHide Menu

Category Archives: Avec le vent

S’il vous plaît, monsieur Barrette

March 11, 2015

Vous remarquerez que je ne vous appelle pas Dr.

C’est une appellation que je n’aime pas.

Je la trouve condescendante par le bas.

Comme si les gens qui vous appelaient ainsi acceptaient de se sentir inférieurs.

Je ne vous appellerai pas Gaétan non plus, parce que j’appelle mes amis par leur prénom.

Et que je n’ai pas vraiment envie que vous soyez mon ami, en toute honnêteté.

Quoi que je n’ai pas envie que vous soyez mon ennemi non plus.

Alors là, vraiment pas.

Vous remarquerez également, M. Barrette, que je ne parle presque pas de politique dans mes textes.

Et très peu d’actualité.

Ce texte ne sera pas une exception.

Il ne parlera pas de votre réforme.

Il ne défendra ni ne pourfendra vos idées.

Je sais que vous brassez la cage, fort et vite.

Que vous appliquez l’idéologie du rouleau compresseur dans tout ce que vous faites.

À la limite, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose, au fond.

Parce que j’ai 28 ans, et depuis que je suis en mesure de comprendre ce que les gens disent sur le système de santé.

Bin, c’est pas mal tout croche.

Le système, je veux dire. Pas les gens qui sont dedans. Pas tout le temps, en tout cas.

Mais s’il vous plait, monsieur Barrette,

Pas comme ça.

Pas à coups de “ma gang de crisses” , de “calisse, Pierre” et de “je vais tout faire pour nuire au département”.

Toutes des choses que vous avez déjà dites à des adultes, des médecins, des collègues.

Pas à des kids de 11 ans au rack à becyk, même si ça sonne pareil.

S’il vous plaît, monsieur Barrette, souvenez-vous de votre humanité.

Vous devez bien en avoir un brin, quelque part.

Derrière toutes vos certitudes, toute votre agressivité et tout votre mépris.

Il doit bien y avoir un humain qui a choisi ce métier pour sa valeur première.

Pour comprendre et aider les gens.

Je prie pour que cette partie existe.

Que vous n’êtes pas devenu médecin, à la base, que pour le statut social et le pouvoir.

Parce que si jamais c’est le cas, je crois que nous sommes, tous autant que nous sommes,

Dans une belle merde.

Si vous n’imposez vos réformes que pour le plaisir de faire taire, le bonheur de dominer, l’extase d’écraser, la jouissance de contrôler,

Nous allons nous enfoncer collectivement dans quelque chose de plus nocif et de plus destructeur que tous les ratés du système de santé mis ensemble.

S’il vous plaît, M. Barrette,

Faites-le si ça doit être fait, je ne m’y oppose pas.

Mais faites-le différemment.

Écoutez les gens qui vous parlent, qui s’opposent à vos projets, qui en questionnent les fondements.

Accordez de la valeur à leur opinion et discutez ouvertement des meilleures options disponibles.

Demeurez ferme sans être arrogant lorsque vous croyez que vous devez défendre une idée impopulaire.

D’autres l’ont fait avant vous et ont réussi.

S’il vous plaît, monsieur Barrette,

Même si je sais que ça doit être dur en criss pour vous,

Acceptez d’avoir tort à l’occasion.

Ne jouez pas à celui qui parle le plus fort, qui menace le plus fort, qui frappe le plus fort.

Ça vous a peut-être servi jusqu’à maintenant, mais c’est un combat futile si vous avez vraiment accepté ce poste pour servir la population.

Alors, monsieur Barrette, je vous donne le bénéfice du doute.

Je vous avais dit que je ne défendrais ni ne pourfendrais vos idées.

La résistance au changement est un phénomène connu et je crois que vous y faites face en ce moment.

Vous avez l’opportunité d’y réagir d’une manière mature, respectueuse et constructive.

Vous pouvez le faire avec beaucoup de conviction et de fermeté sans briser ceux qui se présentent devant vous.

Alors, si vous avez choisi ce métier de médecin et ce poste de ministre pour les bonnes raisons,

Je vous en conjure une dernière fois,

S’il vous plaît, monsieur Barrette.

Pas comme ça.

 

 

 

 

 

7 questions absurdes pour trouver un sens à ta vie

September 24, 2014

Inspiré librement du texte de Mark Manson sur son blog: http://markmanson.net/life-purpose/ (Merci à Anne Ma pour le partage Facebook!)

 

*Préambule*

Alerte au long texte.

Pas loin de 1000 mots, vu d’ici. (Update, 1266, désolé)

Tu devrais le lire jusqu’au bout, quand même.

Sans me parler de ton TDAH* qui t’empêche de lire les longs textes.

Un TDAH, c’est quelque chose que tu fais, pas quelque chose que tu as.

Comme dans: “J’ai un TDAH parce que je ne peux pas lire de textes de 1000 mots”.

Eh bin, lis celui-là, tu seras guéri.

Hey, du calme, je rigole. Un peu.

Mais pas tant que ça.

Bref.

Je vais t’aider. Te parler au tu et faire des phrases courtes.

Keep going, friend, déjà 110 mots derrière toi!

*Fin du préambule*

 

Je ne fais jamais ça, d’habitude.

Copier les textes des autres.

Mais celui de Mark Manson était tellement bon que je n’ai pas pu résister. Alors merci ou désolé à lui pour ce vol.

Parce que trop souvent, on cherche un sens à sa vie.

Pardon, tu cherches un sens à ta vie.

Et tu comprends mal pourquoi c’est aussi difficile.

La réponse, roulement de tambours, c’est qu’il n’y a pas de sens à trouver.

Il n’y a que du temps, en quantité variable pour chacun de nous.

Et cette citation de Gandalf le Gris (qui m’excusera mon emprunt, je l’espère. Autrement, je suis dans la merde)

“You…shall not…” Non, pardon, mauvaise ligne. C’était plutôt:

“All we have to decide is what to do with the time that is given to us”.

Tout ce qu’il y a, c’est du temps, et la décision que l’on prend d’en faire quelque chose d’important.

Ce qui est important, des fois, c’est dur de le savoir avec certitude.

Voilà pourquoi je te propose 7 questions à te poser qui t’aideront peut-être à t’y retrouver.

Et comme je trouvais hypocrite de te les poser sans y répondre, j’ai inclus un truc personnel à la fin de chacune.

En italique, pour que tu t’y retrouves, et que tu ignores cette partie si tu t’en fous un peu, de ma vie.

Parce que je suis pas encore certain que ça t’intéresse, honnêtement.

Et que c’est bin correct comme ça.

#1 Dans quelle sorte de trempette à la merde t’es prêt à plonger tes Tostitos?

Absurde, je t’avais prévenu.

Si tu veux faire quelque chose d’important, ce sera pas toujours l’fun, honnêtement.

Des fois, ça va être de la marde, et tu vas devoir le faire quand même.

Tu vas même choisir de le faire quand même.

Alors, dans quelle merde t’es prêt à plonger avec appétit, en espérant que ça rapporte un jour?

Réponse: 7 années à l’université. J’aime apprendre, mais la lourdeur institutionnelle du processus a un goût vaguement fécal. C’est correct, j’en redemande.

#2 Quelle partie de qui tu es maintenant ferait pleurer l’enfant de 8 ans que tu étais?

Pas mal certain qu’à 8 ans, t’es la plus pure version de toi-même.

Assez grand pour penser un tout p’tit peu par toi-même, te faire des amis et laisser s’exprimer ta personnalité.

Trop jeune pour avoir acheté un cadre qui ne te convient pas, te frustre et te paralyse.

Ça arrive pas si longtemps après, l’achat du cadre, alors je te ramène à cet âge-là.

Qu’est-ce que tu faisais à 8 ans que tu ne fais plus aujourd’hui?

Qu’est-ce que tu regardais chez les grands de cette époque-là sans trop comprendre pourquoi ils étaient comme ça?

Comment et pourquoi tu l’as fait taire, ce kid-là?

Réponse: Je ne joue plus aux Lego (je songe toujours à en demander un criss de gros pour Noël, par contre). Mais j’écris encore des histoires, je fais trop souvent à ma tête et et je passe beaucoup de temps à jouer. Alors des fois je fais des high-five avec mon enfant de 8 ans. Pas pire, el gros.

#3 Qu’est-ce qui te fait oublier de manger et de t’occuper de ton hygiène corporelle?

Dans quoi tu peux t’engager pendant des heures sans les voir passer?

Quand est-ce qu’on te traite de lunatique ou de perdu?

Où tu te sens parfaitement à ta place, prêt à laisser tomber ta montre et tes certitudes pour une minute de plus?

Réponse: Dans un gymnase avec mon équipe. Ou encore maintenant, devant mon clavier. Il est quelle heure?

#4 Comment tu peux perdre la face mieux et plus souvent?

“Daring greatly”, c’est l’expression de Brene Brown.

C’est descendre dans l’arène et essayer quelque chose sans garantie de succès.

Si ça marche pas, vieux, tu perds la face. T’as l’air fou.

So what?

Pour faire quelque chose d’important, il faut que tu acceptes de te planter à l’occasion.

Et pour un truc vraiment très important, tu dois te planter vraiment très souvent.

C’est comme ça, y a pas de formule magique.

Comment tu perds la face en essayant des trucs différents et nouveaux?

Réponse: Je ne sais pas trop, parce qu’en ce moment c’est plutôt: pas souvent et pas très bien. Perdre la face, ça me fracasserait l’ego, et j’en ai besoin. Il me tient chaud pendant les longues nuits d’hiver.

#5 Comment tu vas sauver le monde?

C’est quoi ton projet, comment tu laisses ta trace?

T’es quel genre de super-héros?

C’est pas obligé d’être big, mais c’est une petite coche dans l’histoire du monde.

Peu importe ce que c’est, si ça te ressemble.

Go for it, buddy. If you can, you should, comme disent ces gars-là (https://www.youtube.com/watch?v=wJF5NXygL4k)

Réponse: Je me garde une petite gêne sur celle-là. Écris-moi si tu veux savoir!

#6 Si Chuck Norris te met un fusil sur la tempe en descendant du lit chaque matin pour que tu sortes de la maison, tu vas où?

Les deux options de la vie normale, c’est souvent aller travailler ou rester en mode crottes de fromage sur le divan.

Mais si Chuck Norris te force à sortir de chez toi, où tu vas?

Tu découvres quoi?

T’as pas vraiment le choix, c’est Chuck Norris.

À quoi t’aimerais passer ta journée plutôt que défiler ton actualité Facebook?

Réponse: Dans un gymnase, encore. À la bibliothèque, peut-être. En voyage, certainement. Mais je dois revenir le soir, j’ai un chat à nourrir. C’est pas vrai, j’ai pas de chat, mais deux plantes vertes qui dépendent de moi.

#7 S’il te restait un an à vivre, tu ferais quoi et comment t’aimerais qu’on se souvienne de toi?

Je sais, la mort, t’aimes pas ça en parler.

Je connais pas beaucoup de fans, honnêtement.

Mais lis bien la prochaine phrase, même si elle est à la fin du texte et que ton attention diminue.

Tout ce que nous faisons sur cette Terre nous sert à oublier la mort, à nous en éloigner et à nous rassurer à son sujet.

Sans succès, obviously. À long-terme, du moins.

Alors si tu veux vraiment savoir de quoi t’es fait, demande-toi comment t’aimerais que les gens parlent de toi, quand ce sera fini.

Essaie de mettre sur papier ce que tu ferais si ça achevait, tout ça.

tu réaliseras peut-être que tu vis ta vie comme si elle n’allait jamais se terminer, comme si tu allais avoir le temps plus tard de faire quelque chose d’important tout de suite.

C’est un peu con.

Réponse: Je boirais du vin chaque jour, visiterais un pays différent chaque semaine et ferais l’amour chaque soir. Et j’écrirais de belles choses pour plein de gens.

 

Plus de 1200 mots, sorry about that.

Mais j’ai fini. Merci d’avoir lu jusqu’au bout.

Je ne retiens pas plus longtemps, tu dois en avoir plein le cul.

Au moins, tu sais quelles questions te poser, maintenant.

Bonne chance.

 

*TDAH: Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

Un coeur à l’eau et autres poèmes!

September 15, 2013

Mon collègue et ami Martin Joly écrit des poèmes qui me semblent particulièrement artistiques et inspirés. Je lui ai proposé d’en publier quelques-uns. J’espère que vous les apprécierez autant que moi!

Un cœur à l’eau


Mon cœur est une ville fantôme
C’est un phare aux étrangers blottis
Où les mutins s’en vont réunis
Une invitation, un naufrage dans mon lit
Ils réchauffent d’un souffle cette tombe

Alexandrins d’après-guerre

L’amour n’est pas sur mesure, c’est un casque sur la peau

C’est l’idée solitaire, qu’on partage poings fermés
Deux guillemets esseulés, deux soldats sanguinaires

L’amour ce n’est pas pur, c’est un masque au repos

 

P’tête inspirée là-bas

Ma tête une zone cafouillarde, je me déconstruis
J’ai besoin de ces silences, d’un peu de bruit
De ce mélange, d’une alternance
J’exige des pauses et des proses!
Des proses et des pauses!

Et…

Je m’abreuve d’images et bois cette poésie,
Que d’images poétiques et de poésies en images.
Je suis ivre de ces ailleurs
Ces ailleurs. Les tiens. Que je veux miens.

Miens!!!

Ma tête est une manifestation sans cause
Une marche sans arrêt, elle marche sans arrêt
Elle n’a pas de cause. De la prose. Pas de mots.
Aucune issue.

Ma tête sans issue…

Et quand tu t’opposes cesses la marche sans arrêts.
Je prends un crayon. Je m’arrête de marcher.
Je dépose. Je dé-pause. Sans vont les proses.
Se verse de la poésie. En des vers pleins de silences, sans bruits.
Et je cafouille, ma tête qui est ivre.
Je me trouve, je-me-trouve

Ailleurs.

Nudité

Je suis nu dans mon lit
Nu, sans pudeur
Ni personne
Nu.

Si j’écris c’est pour ne plus être nu
C’est m’habiller de mes mots
C’est m’habiller devant vous
De mes mots
Un peu plus nu
Devant vous
Juste vous
Je suis nu

Je vous déshabille de mes mots
Devant moi pour vous voir
Nus, sans pudeur
Ni personne
Nus

Déhabillés,
Juste nus

Trois étapes faciles pour écouter les gens

September 9, 2013

Alors que je m’avance tranquillement dans le monde des gens qui écoutent, je réalise un peu plus chaque jour à quel point nous ne savons pas le faire.

À quel point nous ne prenons pas souvent le temps de nous intéresser vraiment à ce que disent et ne disent pas les humains qui nous entourent.

À quel point nous sommes trop prisonniers de nos propres héliocentrismes pour laisser briller les étoiles des autres firmaments.

À quel point il y tant de choses à entendre, à dire et à répéter aujourd’hui que nous ne savons plus où donner de l’oreille.

C’est bien triste.

Voici donc, dans une formule maintenant consacrée, un guide en trois étapes faciles (que j’essaie de suivre, parfois avec succès, parfois sans) pour écouter les gens. Une chose qui semble si simple ne devrait pas demander de mode d’emploi. Et pourtant…

1.Fermez-le (votre ego)

Si vous êtes constamment en train de parler, il y a de fortes (très fortes) chances que vous ne soyez pas en train d’écouter. Bien sûr, vous êtes le centre de l’attention. Bien sûr, les gens pensent que vos histoires sont intéressantes, drôles ou folles. Bien sûr, c’est un sentiment formidable que de sentir que l’on est important.

Mais si vous vous trouvez constamment dans cette position, il est bien possible que vous soyez incapable de tisser des liens avec les gens qui vous entourent.

Après tout, si vous êtes assez important pour parler sans arrêt, eux ne le sont probablement pas assez pour faire partie de votre monde.

Alors, fermez-la simplement un peu. Arrêtez d’avoir raison, peu importe ce qu’en dit votre ego. Prenez le temps d’entendre ce que d’autres ont à dire. Observez-les pendant quelques instants. Et passez à l’étape 2.

2.Émerveillez-vous

De ce qui est beau, original, fantastique, incroyable, triste, enrageant, douloureux ou simplement ordinaire chez ceux qui vous entourent. Émerveillez-vous des émotions incontrôlables, des aventures extraordinaires et des jours de routine qu’on vous raconte. Attardez-vous à un geste de la main qui trahit l’amour, à un clignement de paupières qui cache la tristesse, à un sourire qui évoque la confiance.

Émerveillez-vous de la complexité de qui nous sommes et de ce qui nous relie les uns aux autres. Vous aurez de plus en plus souvent envie de ne rien dire, de simplement écouter. Et de passer à l’étape 3.

3. Soyez là, maintenant

Évitez de vous perdre dans le passé ou le futur, ces moments incertains sur lesquels nous n’avons que peu de contrôle.

Contentez-vous d’être présent, de vous attarder à cet instant béni qui ne pourra jamais revenir. Peut-être est-on en train de vous confier un secret, de vous avouer une faiblesse, de vous apprendre quelque chose, de vous partager une grande joie. Peut-être quelqu’un est-il en train de faire de vous une meilleure personne en vous tendant un petit bout de son humanité. Saisissez-le avec une humble gourmandise pour ne rien, rien en laisser.

C’est d’une simplicité inouïe. C’est une sagesse du commencement du monde.

Et pourtant…