Suivre le vent
Show MenuHide Menu

Je veux parler de Basketball

April 21, 2015

Je n’en parle jamais.

Précision.

Je n’en parle jamais, ici.

Si vous avez le malheur de me croiser près d’un gymnase (je vis à 14 pas d’un gymnase), il est fort possible que j’aborde le thème du ballon orange.

Beaucoup. Et longtemps. Vous allez devoir trouver une excuse pour changer de sujet ou foutre le camp.

Mais je ne parle jamais de Basketball, ici.

Sans trop savoir pourquoi.

Je crois que j’ai peur de vous ennuyer.

Après tout, ce n’est pas du hockey.

Sauf qu’aujourd’hui, je veux en parler.

Je veux parler de Basketball parce que les caprices, les beautés, les malheurs et les miracles de ce sport façonnent ma vie depuis tout près de 20 ans.

Parce que le temps passe mais que les planches, les lignes, les anneaux et les bancs de bois demeurent immuables.

Je veux parler de Basketball parce qu’en 4ème année, alors que j’étais petit, rond et terrifié par l’idée de courir pendant plus d’une minute, j’ai bien failli abandonner mon équipe de mini-basket qui jouait avec des t-shirts de coton gris.

Et que je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemblerait ma vie si j’avais pris cette décision, à tout juste 9 ans.

Je veux parler de Basketball parce que je viens de finir une saison à deux équipes, ma 12ème comme entraîneur.

Que je suis incroyablement fier, chaque fois qu’arrive le mois d’avril, en observant le chemin parcouru lors des 8 derniers mois.

Que je suis fatigué sans être épuisé de ce rythme un peu fou qui me donne toujours plus d’énergie qu’il ne m’en enlève, au bout de la route.

Et que ce samedi matin mon café me regardait d’un air surpris quand je ne suis pas parti coacher un match.

Je veux parler de Basketball à cause du formidable pouvoir de ce sport.

Qui construit des familles à travers l’émotion pure.

Qui grave des souvenirs inoubliables dans le corps, le coeur et le bois des planches.

Qui apprend la valeur du travail, l’importance de l’échec, le plaisir d’être ensemble.

Et le réconfort d’être un tout plus grand que la somme des parties.

Je veux parler de Basketball à cause des gens qui ont croisé ma vie à travers lui. Pour toutes les métamorphoses remarquables dont je suis témoin chaque jour, entre 4 lignes.

Pour les kids négatifs, impulsifs et tourmentés devenus des leaders en contrôle de leurs émotions.

Pour les petites filles timides convaincues de ne pas avoir de valeur ou de talent transformées en jeunes femmes magnifiques et assurées.

Pour ceux et celles qui sont devenus des adultes que je considère comme mes amis.

Pour ceux et celles qui étaient autrefois mes entraîneurs et mes professeurs qui font aujourd’hui partie de ma famille de ballon orange.

Je veux parler de Basketball parce qu’être coach n’a rien d’un passe-temps ou d’un loisir pour moi.

C’est une job de coeur qui aspire mes minutes et réveille mes nuits.

C’est une destination finale autant qu’un chemin à parcourir.

C’est un rôle majeur de ma vie, même s’il ne me permet pas de la gagner.

Parce qu’entre 4 lignes, je me sens véritablement utile et en vie.

J’ai l’impression de faire une différence, des fois.

De construire quelque chose d’important qui défie la futilité de nos jours identiques et le vide de nos routines industrielles.

Je veux parler de Basketball parce que je ressens de la gratitude pour chaque moment passé avec lui.

Et que je souhaite tous les jours que ça ne s’arrête jamais.

 

 

 

 

S’il vous plaît, monsieur Barrette

March 11, 2015

Vous remarquerez que je ne vous appelle pas Dr.

C’est une appellation que je n’aime pas.

Je la trouve condescendante par le bas.

Comme si les gens qui vous appelaient ainsi acceptaient de se sentir inférieurs.

Je ne vous appellerai pas Gaétan non plus, parce que j’appelle mes amis par leur prénom.

Et que je n’ai pas vraiment envie que vous soyez mon ami, en toute honnêteté.

Quoi que je n’ai pas envie que vous soyez mon ennemi non plus.

Alors là, vraiment pas.

Vous remarquerez également, M. Barrette, que je ne parle presque pas de politique dans mes textes.

Et très peu d’actualité.

Ce texte ne sera pas une exception.

Il ne parlera pas de votre réforme.

Il ne défendra ni ne pourfendra vos idées.

Je sais que vous brassez la cage, fort et vite.

Que vous appliquez l’idéologie du rouleau compresseur dans tout ce que vous faites.

À la limite, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose, au fond.

Parce que j’ai 28 ans, et depuis que je suis en mesure de comprendre ce que les gens disent sur le système de santé.

Bin, c’est pas mal tout croche.

Le système, je veux dire. Pas les gens qui sont dedans. Pas tout le temps, en tout cas.

Mais s’il vous plait, monsieur Barrette,

Pas comme ça.

Pas à coups de “ma gang de crisses” , de “calisse, Pierre” et de “je vais tout faire pour nuire au département”.

Toutes des choses que vous avez déjà dites à des adultes, des médecins, des collègues.

Pas à des kids de 11 ans au rack à becyk, même si ça sonne pareil.

S’il vous plaît, monsieur Barrette, souvenez-vous de votre humanité.

Vous devez bien en avoir un brin, quelque part.

Derrière toutes vos certitudes, toute votre agressivité et tout votre mépris.

Il doit bien y avoir un humain qui a choisi ce métier pour sa valeur première.

Pour comprendre et aider les gens.

Je prie pour que cette partie existe.

Que vous n’êtes pas devenu médecin, à la base, que pour le statut social et le pouvoir.

Parce que si jamais c’est le cas, je crois que nous sommes, tous autant que nous sommes,

Dans une belle merde.

Si vous n’imposez vos réformes que pour le plaisir de faire taire, le bonheur de dominer, l’extase d’écraser, la jouissance de contrôler,

Nous allons nous enfoncer collectivement dans quelque chose de plus nocif et de plus destructeur que tous les ratés du système de santé mis ensemble.

S’il vous plaît, M. Barrette,

Faites-le si ça doit être fait, je ne m’y oppose pas.

Mais faites-le différemment.

Écoutez les gens qui vous parlent, qui s’opposent à vos projets, qui en questionnent les fondements.

Accordez de la valeur à leur opinion et discutez ouvertement des meilleures options disponibles.

Demeurez ferme sans être arrogant lorsque vous croyez que vous devez défendre une idée impopulaire.

D’autres l’ont fait avant vous et ont réussi.

S’il vous plaît, monsieur Barrette,

Même si je sais que ça doit être dur en criss pour vous,

Acceptez d’avoir tort à l’occasion.

Ne jouez pas à celui qui parle le plus fort, qui menace le plus fort, qui frappe le plus fort.

Ça vous a peut-être servi jusqu’à maintenant, mais c’est un combat futile si vous avez vraiment accepté ce poste pour servir la population.

Alors, monsieur Barrette, je vous donne le bénéfice du doute.

Je vous avais dit que je ne défendrais ni ne pourfendrais vos idées.

La résistance au changement est un phénomène connu et je crois que vous y faites face en ce moment.

Vous avez l’opportunité d’y réagir d’une manière mature, respectueuse et constructive.

Vous pouvez le faire avec beaucoup de conviction et de fermeté sans briser ceux qui se présentent devant vous.

Alors, si vous avez choisi ce métier de médecin et ce poste de ministre pour les bonnes raisons,

Je vous en conjure une dernière fois,

S’il vous plaît, monsieur Barrette.

Pas comme ça.

 

 

 

 

 

Journal d’un psy, chapitre 4 – Quatre choses précieuses et un mensonge sans valeur

February 9, 2015

Je peux le dire, maintenant.

Je suis un psy. Un psychologue.

Finis les enfin, presque.

C’est le métier que j’ai toujours voulu faire.

Et il me rend foutument heureux.

Parfois triste, aussi.

Même que des fois, je suis heureux d’être triste.

C’est un peu compliqué, mais ce n’est pas de ça dont je veux vous parler.

Je voudrais vous parler de ce qui est précieux.

De ce que je découvre en entrant dans la vie des gens.

En essayant de reconstruire avec eux des p’tits bouts de ce qui a été brisé.

Et pour conserver votre attention, je révèle un mensonge, à la fin.

Comme un punch de série télé, promis.

 

#1 Le temps

Le temps est précieux parce qu’il n’existe pas. Parce qu’il est une conception de nos esprits si désireux de tout compartimenter.

Il est précieux parce qu’il est sujet à des interprétations sans fin et qu’il se plie aux goûts du jour.

On appelle ça l’ère du temps.

Parce qu’entre l’avoir et le prendre il y a tout un univers d’impuissance et d’angoisse.

Il y a l’impression cinglante que le temps court et s’envole sans que l’on puisse le retenir.

Et la sensation terrible, un jour, de simplement l’avoir perdu.

Alors prenez le temps, je vous en prie.

Ne trouvez pas d’excuse.

Aucune n’est valable.

 

#2 La responsabilité personnelle

Si précieuse et si rare.

Puisque nous sommes tellement rapides à remettre la responsabilité sur le voisin, le parent, le travail ou le temps qui manque, justement.

Ça fait moins mal de se dire que c’est la faute de l’autre.

Moins mal de se comparer, de se déculpabiliser, de se dire que l’on n’y peut rien, de toute façon.

Moins mal de croire que la vie nous malmène et que nous sommes les victimes d’un système brisé.

La responsabilité personnelle est précieuse parce qu’elle offre le pouvoir et le contrôle, la capacité de changer les choses.

Mais elle fait peur, en même temps, puisqu’elle nous rend seuls responsables de notre vie, de nos succès et de nos échecs.

Elle tue la fatalité comme une liberté vertigineuse et redoutable.

Je ne la vois pas souvent, ni dans mon métier ni dans ma vie de tous les jours.

Je soupçonne que ça a un rapport avec tout ce qui roule carré, tout ce qui ne fait pas de sens et tout ce qui me décourage de l’humain.

Mais j’ignore s’il s’agit de la cause ou de la conséquence.

 

#3 Purpose

Je ne trouve pas d’équivalent en français. Google traduction me dit qu’il s’agit d’un “but”, mais je  trouve que c’est incomplet.

Je pourrais aussi dire “raison de vivre”, mais ce serait encore un peu à côté.

Disons que dans ce mot, il y a les deux à la fois.

Une raison d’être là, dans le moment présent, qui fait que ça en vaille la peine. Qui fait que ça vibre.

Mais aussi une direction à emprunter, un chemin à suivre. Une vision. Une étoile filante.

C’est précieux parce que les gens qui l’ont perdu, ce “purpose”, on le sent tout de suite.

Ils sont là, ils passent à travers les images des jours.

Ils existent.

Sans plus.

J’essaie de les aider à le (re)trouver, ce “purpose”.

Ce n’est pas facile, parce qu’il y a des jours où je ne suis pas certain d’avoir le mien.

Paraît que c’est la vie.

 

#4 La vie

Justement, c’est ma dernière chose précieuse.

J’ai peur d’être un peu cheesy, de frôler le quétaine en vous disant ça.

Mais criss que c’est précieux, la vie.

Et nous sommes tous un peu cons, parce que ça prend souvent un pas pire signal d’alarme pour réaliser à quel point elle l’est.

Une crise cardiaque.

Une maladie.

Un accident qui te fait frôler la mort mais ne s’attaque qu’à la ferraille, finalement.

Et soudain les jours prennent une consistance différente.

Comme un cadeau, comme une bénédiction.

Et apparaît l’urgence de faire ou de dire quelque chose d’important, d’être qui l’on est, de faire ce que l’on veut.

De carpe diem, esti.

 

Un mensonge sans valeur

Je vous avais promis un punch de série télé.

Parce qu’on aime les punchs et les mensonges, surtout quand les deux viennent ensemble.

Surtout les mensonges de psy.

Mon mensonge de psy, j’essaie de m’en dépêtrer le plus souvent possible.

Mais ça n’a rien de facile parce que ça me fait sentir comme un imposteur.

Le mensonge, c’est que je sais ce que je fais.

La vérité, c’est que souvent, je n’en ai pas la moindre idée.

Je navigue entre les pensées, les émotions, les rires et les drames.

Ceux des humains qui viennent me rencontrer.

Et les miens.

Et j’essaie de tracer un chemin avec eux, de prendre soin, d’écrire une histoire ou de la raconter différemment.

De créer un lien. It’s the relationship that heals, j’ai lu ça quelque part et j’ai trouvé ça important.

Je ne fais pas n’importe quoi, loin de là.

En tout cas, je pense.

Mais je n’ai rien d’un docteur de l’âme.

Qui je suis est beaucoup plus important que ce que je fais, j’en suis convaincu.

Ça me ramène à ce qui est précieux, dont je vous parlais plus tôt.

Et à ce métier qui me rend foutument heureux et triste à la fois.

Parce que réussir à réparer un p’tit bout de ce qui est brisé dans les humains que nous sommes tous,

C’est beau. Pis j’aime ça pour toujours.

 

 

 

 

 

 

 

Je suis Charlie, mais pas tant que ça

January 8, 2015

Comprenez-moi bien.

Aujourd’hui, je suis Charlie.

Je suis vraiment très Charlie.

Comme chaque personne sensée que je connais, je m’insurge contre la tuerie survenue au magazine satirique Charlie Hebdo.

Je la considère comme une attaque impardonnable envers la démocratie et la liberté d’expression.

Je condamne la violence gratuite et inutile.

Pas celle des musulmans ou des terroristes.

Celle des hommes qui croient qu’il peut être légitime d’en tuer d’autres au nom d’une idée.

Je pense aux familles et aux proches de ces gens qui avaient le courage de ne pas se fermer la gueule et qui ont payé cher ce courage, hier.

Alors vraiment, aujourd’hui, je suis très Charlie.

Mais le reste du temps, pas tant que ça.

Je ne m’indigne pas.

Je suis peu informé sur l’état du monde, je ne regarde pas les nouvelles tous les jours.

Je lis en diagonale lorsque le sujet semble complexe.

J’accepte l’absurdité et je tolère l’extrémisme chaque fois que je ne mets pas à profit les outils que je possède pour  dénoncer et combattre.

Je passe une quantité ridicule de temps à utiliser l’outil démocratique le plus puissant que je connaisse, la technologie et les médias sociaux, pour envier la vie des autres ou m’amuser de vidéos drôles.

Plutôt que de faire de ces plate-formes des armes formidables contre la folie des hommes, j’accepte qu’elles soient souvent le berceau de la haine et de la démagogie.

Dans ma vie de tous les jours, je ne suis vraiment pas Charlie.

Je crois que ce serait manquer de respect à la mémoire de ces hommes qui n’avaient peur d’aucun tabou, qui ne reculaient devant aucun dogme, que d’affirmer simplement que “je suis Charlie”.

Je crois qu’en faisant cela, dès la semaine prochaine je recommencerai à être aussi peu Charlie que les personnes qui m’entourent et dont je fais aussi partie.

Alors à la place, pour honorer cette mémoire de satires insolents, je vais essayer d’être un peu plus Charlie.

Pour ça, je prends trois engagements:

#1 Je vais écrire une lettre d’opinion à un quotidien d’information à propos d’un sujet qui me tient à coeur.

#2 Je vais lire le journal en ligne droite, pas en diagonale, et essayer de m’intéresser chaque semaine à un nouvel enjeu.

#3 Je vais rire au visage des gens qui expriment des opinions ridicules. Je ne vais pas simplement exprimer un scepticisme poli. Je vais rire, promis. On verra bien ce qui se passe ensuite.

Voilà comment je veux essayer d’être Charlie, pour de vrai, et pas juste cette semaine.

Pour que cette terreur qui rampe et qui grimpe à travers le monde n’ait jamais la mainmise sur ce que nous avons de plus précieux.

Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un départ. Et ça a plus de valeur qu’une photo de profil, je crois.

Et vous, comment serez-vous Charlie, maintenant?

 

 

Ne ruinez pas Noël

December 24, 2014

Ne ruinez pas Noël

N’en faites pas un moment d’angoisse et d’anxiété

Une période de doute, de douleur et de fausses vérités

Ne ruinez pas Noël

Arrêtez de hausser le ton à la télévision, d’annoncer le boxing-day trois mois en avance

Arrêtez de dire qu’il est plus tard qu’on pense

Ne ruinez pas Noël

N’empilez pas les boîtes sous le sapin

Elles sont souvent pleines de vide, vous le savez bien

Ne ruinez pas Noël

Ne vous traînez pas les pieds d’une rencontre à l’autre sans vous poser quelques instants

Sans prendre le temps de rire et de parler vraiment

Ne ruinez pas Noël

N’expliquez à personne la vraie histoire du Père Noël et des lutins

Laissez vivre les légendes dans les cheminées et sous le sapin

Ne ruinez pas Noël

Laissez tomber la surenchère et l’explosion à crédit

Offrez plutôt des câlins et des moments de vie

Ne ruinez pas Noël

N’en faites pas une fête figée dans le temps

Qui nous revient identique et plastifiée, bon an mal an

Ne ruinez pas Noël

Je vous le dis chaque année

J’écris des contes remplis de rimes et de morales sucrées

Ne ruinez pas Noël

C’est la fête la plus humaine et la plus lumineuse

Qui donne espoir au genre humain et permet de croire à des fins heureuses

Faites-en un moment privilégié de chaleur et de passion

Une histoire d’amour annuelle, une sorte de mission

Celle de refuser les masques, les barrières et les filtres Instagram

Celle de contrevenir à la vague et de changer le programme

Ne ruinez pas Noël

C’est un moment trop important

Qui est garant de notre futur à chaque moment présent

Qui cherche l’humain dans le civilisé et l’industriel

Qui nous donne le droit de continuer à lever les yeux vers le ciel

Ne ruinez pas Noël

Vous l’avez déjà fait trop souvent

Vous avez cherché l’inutile et trouvé l’absent

Faites l’état de vos bonheurs et comptez vos bénédictions

Ils vous aideront à bien dormir, beaucoup mieux que les moutons.

 

 

Les dangers de la perfection (et un remède efficace)

November 27, 2014

J’ai envie de parler de cette jeune médecin qui s’est suicidée.

J’ai envie de parler des dangers de la perfection et de l’hypocrisie d’un système qui n’acceptera jamais la fragilité.

J’ai envie de parler de tous les articles qui dénonceront la détresse naufragée de ces humains isolés avant que tout ne recommence de la même façon, la semaine suivante.

J’ai envie de vous dire que ça n’existe pas qu’en médecine.

 

La perfection est dangereuse parce qu’elle isole.

Parce que la force, la connaissance et la maîtrise de soi sont souvent des remparts contre les humains que nous sommes tous, au fond.

Parce que la perfection nous demande de cesser de partager ce que nous avons de petit, de sensible et de vulnérable.

Parce que chaque craque dans ce masque devient un terreau fertile pour la honte, la peur et la rage.

Et que ces émotions sont à la racine même de l’anxiété, des idées noires et des sentiments dépressifs.

 

Notre système d’éducation et de travail nous demande d’être parfaits et performants.

De ne pas nous plaindre.

De réussir l’examen.

D’avoir la bonne réponse.

De remplir les objectifs.

D’avoir du succès.

De décrocher le diplôme.

D’être l’employé du mois.

Et de recommencer.

Encore et encore.

 

On nous dit que “c’est ça, la vraie vie”.

Get used to it.

Je ne suis pas d’accord.

Je crois que toute cette organisation de la pensée, que toute cette conception de la réussite est une farce monumentale.

Que bien trop souvent, réussir dans la vie signifie qu’on ne parvient pas à réussir sa vie.

Que chaque fois que l’on nous demande d’être parfaits et performants, on s’adresse au masque, à la ligne de défense, à l’armure polie que nous mettons trop de temps à construire.

La perfection est l’ennemie #1 des relations humaines. Comment peut-on partager la peine, la fragilité et la peur d’une personne qui semble invincible?

Comment peut-on s’identifier à elle autrement que par une admiration gonflée aux stéroïdes, le mirage flamboyant de ce que nous ne serons jamais?

 

Les médecins et tous les autres parfaits en construction vivent une pression gigantesque à cause de ce qu’ils n’apprennent jamais à dire.

On leur apprend à répéter je sais, je peux et je comprends.

Personne ne leur apprend des termes comme je ne sais pas, j’ai peur et je suis désolé.

Ils n’ont pas droit à ces mots.

Cette intolérance totale à l’échec et à la fragilité est justement l’échec le plus complet et le plus inhumain de l’éducation moderne, peu importe le domaine.

 

Le titre de ce texte promettait un remède efficace.

Il n’est pas parfait, mais c’est ce qui le rend si beau.

La seule solution aux terribles dangers de la perfection est d’accepter la fissure dans l’armure au lieu de la redouter.

De le faire pour soi et d’accepter que l’on fasse de même autour de nous.

De se montrer sous un jour nouveau, un jour honnête, un jour craquelé et imparfait.

De modifier, juste un peu, les fondations d’un monde qui ne convient pas aux humains que nous sommes.

De créer des liens véritables avec des gens importants pour éviter de se perdre dans les exigences surnaturelles de l’expert, du connaissant, du super-héros.

Ça s’appelle de l’empathie. La capacité d’écouter ce qu’une personne a de fragile et d’imparfait et de dire:

Well, je suis passé par là moi aussi. Ça doit être tough.

Je sais que ça semble difficile, même improbable, mais entre vous et moi…

 

Nous n’avons pas le choix.

 

Voici donc en bonus 5 propositions pour laisser craqueler doucement l’armure sans que ça fasse (trop) mal:

#1 Demandez à une personne en qui vous avez confiance ce qu’elle pense de vous et, si elle veut bien, faites la même chose avec elle ensuite.

#2 Discutez avec un inconnu et posez-lui une question sur sa vie. Poursuivez la conversation.

#3 Fabriquez vos cadeaux de Noël au lieu de les acheter.

#4 Serrez les gens dans vos bras au lieu de leur serrer la main.

#5 Avouez que vous ne savez pas quelque chose que vous devriez savoir et demandez l’aide de quelqu’un pour découvrir la réponse.

 

Et parlez de votre envie de mourir, si jamais elle apparaît. Parce que parler de mourir, c’est déjà vouloir vivre.

Toutes mes empathies à la famille de cette belle Émilie.

Je vous souhaite courage et fragilité, ensemble.

 

 

 

 

 

 

Je vais reparler de TDAH et j’espère que vous lirez jusqu’à la fin

October 27, 2014

Alerte au (très) long texte.

Celui-ci sera différent dans la forme, le format et le contenu.

Parce que j’ai envie de répondre aux critiques de mon dernier texte.

Qu’il y en a eu pas mal, et que c’est bien comme ça.

Alors ça va demander un peu de temps.

***

J’aimerais reprendre quelques-unes des idées de mon texte “Je vais parler de TDAH et vous n’aimerez pas ça” pour détailler et clarifier certaines positions.

Je le fais parce que j’assume entièrement tout ce que j’ai dit. Que je crois qu’il ne s’agissait ni d’information erronée, ni de paroles en l’air, ni de préjugés sur la condition.

Je vous assure que je ne minimise pas la souffrance ou les difficultés liées à cet état, que c’est même le contraire.

Que ma position ne m’empêche aucunement d’être empathique, à l’écoute ou rempli de compassion pour les gens qui vivent ces difficultés.

Prière de lire en entier si vous voulez réagir.

 

La première chose que je dis dans mon texte précédent est que “le TDAH est quelque chose que l’on fait, pas quelque chose que l’on a”.

L’affirmation peut sembler surprenante, j’en conviens. Pourtant, n’importe quel travailleur en santé mentale vous le dira: la très grande majorité des diagnostics dans ce domaine sont réalisés sur la base d’observations comportementales. Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), utilisé pour réaliser ces diagnostics, fonctionne d’ailleurs selon l’approche catégorielle. Cela signifie que plusieurs symptômes (très souvent, les symptômes sont des comportements) sont regroupés pour former un syndrome  que l’on nommera ensuite de façon précise (TDAH, épisode dépressif majeur, phobie simple, trouble de l’anxiété généralisée etc…) Tous les “troubles mentaux” du DSM sont définis de cette manière.

Le DSM a évolué en 5 versions différentes au cours des années. Pour le mettre au point, des experts se réunissent et tentent de déterminer ensemble quels groupes de comportements (syndromes) devraient être catégorisés comme des troubles mentaux. Ces catégories ont évolué avec le temps, et des “troubles” ont été ajoutés ou retirés du manuel. L’exemple qu’on utilise souvent est l’homosexualité, qui était considérée comme un trouble mental jusqu’en 1973 dans le DSM.

C’est ce que je veux dire quand j’affirme que le TDAH est quelque chose que l’on fait, pas quelque chose que l’on a. Que le diagnostic se base uniquement sur des comportements observés chez vous ou votre enfant. Ça ne signifie pas que la condition qu’il nomme n’existe pas, ni qu’aucune souffrance n’en découle.

 

Ensuite, j’affirme qu’on vous dira, au moment du diagnostic, qu’il s’agit d’un trouble neurobiologique. Je dis aussi que les bases scientifiques de cette affirmation ne sont pas aussi solides qu’on pourrait le croire.

La neurobiologie est définie comme “la branche de la biologie qui se consacre à l’étude du fonctionnement du système nerveux” (dictionnaire de l’American Psychological Association, 2007)

La réponse que j’obtiens le plus souvent quand je soulève la question de la validité de l’appellation “neurobiologique”  est la suivante: visitez les bases de données scientifiques, des milliers de recherches existent pour valider la nature neurobiologique du TDAH.

Je n’ai pas visité toutes les bases de données. Je n’ai pas lu toutes les recherches. Je n’ai pas tout compris de celles que j’ai lues. Mais, en tant que non-spécialiste dans le domaine (je ne suis ni neurologue, ni neuropsychologue), je me pose quand même quelques questions importantes sur lesquelles j’aimerais qu’on m’éclaire:

-Comment se fait-il que, malgré les milliers d’études supposément concluantes sur le sujet, l’on diagnostique toujours le TDAH à l’aide d’une liste de comportements? La monographie du Ritalin, disponible sur le site Internet de son producteur Novartis, le précise d’ailleurs dès la page 2: “L’étiologie (les causes) de ce syndrome est inconnue, et il n’existe pas de test diagnostic unique .[Traduction libre]

-Comment se fait-il, si le TDAH est vraiment un trouble neurobiologique, qu’il soit toujours traité par la psychiatrie et non par la neurologie, la branche de la médecine qui étudie les maladies du système nerveux et du cerveau? Est-ce que, si on a si précisément découvert cette origine, il ne serait pas normal de simplement retirer le trouble du DSM?

-Pourquoi, après près de 50 ans de traitements à l’aide de psychostimulants (Ritalin, Concerta etc…) n’a-t-on toujours pas mis au point un test qui permette de faire le diagnostic du TDAH? On me dit souvent que ce test existe, mais qu’on ne l’utilise pas parce qu’il coûte trop cher. Je vous mets donc au défi de trouver un seul endroit dans le monde où l’on réalise le diagnostic du TDAH à l’aide d’imagerie cérébrale ou de toute autre technique issue de la neurobiologie. Je suis convaincu que vous n’en trouverez pas. J’ai pourtant l’impression que les compagnies pharmaceutiques qui vendent ces produits ont plutôt avantage à ce qu’un tel test existe. Il leur permettrait de mettre facilement fin à la polémique autour du trouble. Le fait qu’après toutes ces années, malgré  les sommes investies en recherche sur le sujet, l’on en soit toujours à réaliser le diagnostic grâce à une liste de comportements devrait au moins susciter quelques questionnements.

-Comment se fait-il que, toujours dans la monographie du Ritalin (page 1), l’on précise que “le mode d’action chez l’homme n’est pas encore complètement compris, mais le Ritalin active présumément le système d’excitation du tronc cérébral et du cortex pour produire son effet stimulant” [Traduction libre]. Les gens qui produisent les médicaments qu’on vous prescrit affirment du même coup “qu’il n’existe pas de preuves spécifiques qui établissent clairement les mécanismes par lesquels Ritalin produit son effet mental et comportemental sur les enfants, ni de preuves concluantes quant à comment ces effets sont en lien avec la condition du système nerveux central [Traduction libre]. Comment peut-on être aussi certains de l’origine neurobiologique du trouble si l’on semble ignorer comment fonctionne exactement le médicament qu’on prescrit pour le traiter?

Je ne dis pas qu’il n’y a aucune origine biologique ou héréditaire au TDAH. Je crois simplement qu’on va plus loin que ce qu’on sait vraiment dans notre modèle d’explication de ce problème.

Alors, même si vous n’êtes pas de mon avis, même si vous croyez que je ne sais pas de quoi je parle, est-ce que ces questions ne méritent pas au moins que l’on s’y attarde?

Je vous conseille les blogs et livres de Peter Breggin, Philip Hickey et Michael Coriggan à ce sujet si vous voulez en apprendre davantage.

 

La prochaine partie dont je veux discuter est celle où j’affirme que je crois que certaines personnes vivent difficilement avec des difficultés d’attention et de concentration. Que leur condition ne doit jamais être minimisée ou ridiculisée.

Je n’ai jamais nié la souffrance reliée à cet état. Je crois qu’elle existe vraiment. Je ne pense pas que les comportements (les symptômes) sont inventés, ni bénins, ni que l’on peut simplement demander à quelqu’un qui les vit de “se concentrer un peu, voyons!”

Pour une raison que j’ignore, on dirait que de ne pas accepter le terme de trouble ou de maladie fait nécessairement de moi quelqu’un qui n’est pas empathique à ce que vous pouvez vivre en tant que personne ayant reçu un diagnostic de TDAH.

Je vous demande de m’offrir, au moins, le bénéfice du doute.

Il y a trois raisons pour lesquelles je crois qu’il est essentiel de ne pas limiter les comportements, les états et les caractéristiques des personnes “TDAH” à un trouble neurobiologique.

La première est que ce modèle est biomédical, c’est-à-dire qu’il réduit ce que vous êtes à la chimie de votre cerveau. La médicalisation de certaines conditions humaines mène presque invariablement au surdiagnostic et à la surmédication, comme je l’expliquerai dans la prochaine partie de ce texte. À mon avis, il s’agit d’une pente dangereuse, surtout lorsqu’il est question de nos enfants.

La seconde est que, comme dans toutes les conditions psychiatriques, l’explication biologique ne favorise pas la responsabilité individuelle. Si vous avez un trouble neurobiologique qui vous suivra toute votre vie, vous êtes réduit à l’impuissance. Vous devez subir quelque chose sur quoi vous n’avez aucun contrôle. Je crois que c’est faux. Que votre potentiel est aussi grand et beau que n’importe quel autre être humain et qu’il est injuste de vous confiner à vos difficultés. Que des façons de faire efficaces existent pour vous permettre de surmonter vos difficultés et de vivre une vie riche et active.

La troisième est que, si on considère plutôt votre “TDAH” comme un état, comme une partie de ce que vous êtes, il est plus facile de le transformer en force, en qualité et en aptitude. Et si le fait de penser à plusieurs choses en même temps, de constamment perdre le fil de la réalité et de créer des liens peu communs entre les choses était une forme de créativité? Et si la capacité de penser en bougeant était une sorte d’intelligence? Et s’il suffisait qu’on vous fournisse un type d’éducation, de milieu de travail ou de milieu familial qui corresponde à ces aptitudes pour vous permettre de vous réaliser, est-ce que vous ne cesseriez pas soudain de considérer que vous avez un trouble? Je serais curieux d’appliquer les critères diagnostiques du TDAH aux grands esprits de l’Histoire, ceux qui ont fait avancer le monde et qui continuent de l’influencer. Et si on leur avait simplement dit de prendre leur médication, de s’asseoir et de se calmer?

 

La prochaine partie de mon précédent texte que j’aimerais commenter est la suivante: Je crois que, dans un remarquable effort de publicité, l’on tente en ce moment même d’élargir le plus possible la clientèle de ce “trouble”.

En mars 2013, Le New York Times a publié un article sur l’expansion du diagnostic affirmant que près de 11% des enfants américains d’âge scolaire vivaient avec un diagnostic de “TDAH” et que le 2/3 d’entre eux serait sous médication. 

Keith Conners, un médecin ayant étudié dans le domaine du TDAH pendant près de 50 ans (l’inventeur des formulaires Conners utilisés pour faire le “dépistage” du trouble), a lui-même récemment admis que les taux de diagnostic étaient “un désastre” et que beaucoup d’enfants recevaient le diagnostic inutilement. Au départ, la prévalence du TDAH avait été estimée entre 3 et 5% des enfants d’âge scolaire.

Allen Frances, le psychiatre éditeur en chef de la quatrième édition du DSM a admis que, malgré les précautions prises par son équipe lors de l’élaboration du manuel lancé en 1994, il n’avait pas réussi à prévoir l’inflation du diagnostic (Frances, Allen. Saving normal, 2013). Il affirme également que cette épidémie est en train de se transmettre aux adultes.

Enfin, l’expansion des critères diagnostiques du TDAH dans la cinquième édition du DSM laisse croire que de plus en plus d’enfants obtiendront ce diagnostic. Les 18 items retenus sont vagues, imprécis et laissent peu d’indices clairs quant à la signification de certains termes. Par exemple, quand on dit que “l’enfant parle souvent trop”, comment définir précisément à quel moment le fait de parler trop  devient un problème plutôt que le comportement normal d’un jeune enfant? Que signifie le mot “souvent” présent dans presque tous les critères?

La réponse principale à cette critique est que, grâce à la science, l’on est maintenant en mesure de mieux identifier et diagnostiquer le “TDAH”. Pourtant, comme je l’ai mentionné plus tôt, le diagnostic se fait toujours à l’aide d’observations externes et subjectives. Encore une fois, même si vous n’êtes pas d’accord avec ma vision du TDAH, est-ce que les points que je viens de soulever quant à l’expansion hors de contrôle du diagnostic ne méritent pas au moins d’être questionnés? Ou est-ce normal que l’on accepte de donner des médicaments puissants et potentiellement dangereux à des enfants qui n’en ont peut-être pas besoin?

 

Je dis aussi que les gens qui tiennent les cordons de la bourse pharmaceutique se frottent les mains devant ces nouvelles opportunités d’affaire.

À cause de son mode de fonctionnement, la psychiatrie est particulièrement sujette aux conflits d’intérêt et aux liens financiers avec les compagnies pharmaceutiques. Le fait que des humains décident entre eux de ce qui est une maladie et de ce qui ne l’est pas (comme dans le cas du DSM) suffit à rendre cette branche de la médecine plus sensible que les autres.

Le site Internet Dollars for Docs a publié en 2013 la liste des 22 médecins qui ont reçu le plus d’argent de la part des compagnies pharmaceutiques depuis 2009 aux États-Unis. 11 d’entre eux étaient des psychiatres, dont 3 des 4 premiers. Ils ont reçu de l’argent entre autres pour effectuer des recherches pour le compte des compagnies pharmaceutiques et pour présenter les produits de celles-ci à leur collègues.

La professeure Lisa Cosgrove de l’Université du Massachussetts a tenté d’établir quel pourcentage des experts chargés de mettre au point le DSM avaient des liens avec les compagnies pharmaceutiques. Pour le DSM-IV, ce pourcentage était de 56%. Pour le DSM-5, le pourcentage augmente à 70%. Cela signifie que 70% des gens qui font la différence entre ce qui est normal et ce qui est pathologique chez vous et moi ont des liens financiers avec des compagnies pharmaceutiques dont l’objectif principal est de nous vendre des médicaments pour traiter ces “maladies”. Dans le groupe de travail chargé de mettre au point les critères pour le TDAH, 78% des membres avaient de tels liens.

Ces médicaments qu’on veut vous vendre sont d’ailleurs classés comme des stimulants dangereux, leur efficacité à long-terme n’a pas été clairement démontrée (les essais cliniques se font sur 4 ou 6 semaines), la liste de leurs effets secondaires est longue (Page 8 de la monographie du Ritalin) et de plus en plus de questions sont soulevées quant aux effets à long-terme qu’ils peuvent avoir sur le cerveau encore malléable des enfants.

Je précise qu’il existe une grande majorité de travailleurs dans le domaine de la santé mentale qui font leur travail honnêtement, objectivement et dans l’optique d’aider leurs patients/clients. Pourtant, il m’apparaît étrange, vu l’ampleur du phénomène que je viens de décrire, qu’on rejette simplement le débat économique et financier du revers de la main.

Une fois de plus, peu importe votre opinion sur le sujet, il me semble que le fait que les gens qui décident de votre santé mentale aient des liens directs avec ceux qui ont financièrement avantage à ce que vous soyez malades devrait susciter des questionnements chez vous. Le professeur québécois Jean-Claude St-Onge a publié un essai très bien construit sur le sujet, que je vous recommande fortement: St-Onge, Jean Claude. (2013) Tous fous, l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la psychiatrie, publié chez écosociété). De plus, le journaliste scientifique américain Robert Whitaker a publié en 2010 un ouvrage complet sur le phénomène de l’explosion des diagnostics de troubles mentaux et les effets des médicaments utilisés pour les traiter (Whitaker, Robert.2010. Anatomy of an epidemic)

 

Finalement, j’affirme dans mon texte que je crois que notre système d’éducation est brisé.

Dans la conférence TED (www.ted.com) la plus visionnée de l’histoire, Sir Ken Robinson décrit comment tous les systèmes d’éducation du monde détruisent la créativité innée des enfants.

Son argument de base est que, pour des raisons qui ne tiennent pas la route, certaines habiletés “académiques” sont encore aujourd’hui favorisées au profit de toutes les autres.

Il plaide en faveur d’une révolution dans ce domaine, pour que les talents de chacun puissent être reconnus et nourris.

Pour que l’on cesse de confiner l’intelligence à une définition excessivement réductrice et que l’on prenne en compte la diversité de ses formes.

Dans une autre présentation magnifiquement illustrée, il fait le lien entre l’état de l’éducation au 21ème siècle et ce qu’il appelle l’épidémie fictive de TDAH.

Et si vous n’étiez pas vraiment atteint d’un trouble mais plutôt doué d’une manière qui, à tort, n’est pas reconnue par la société et ses institutions?

Et si on proposait de médicamenter votre enfant parce qu’il agit comme un enfant au sein d’un système rigide qui n’accepte pas sa différence ou son niveau de développement?

Et si ces questions étaient systématiquement mises de côté sous le prétexte que le TDAH est un trouble neurobiologique?

***

Si vous lisez encore ces lignes, je vous remercie.

Peu importe votre opinion sur le sujet, je vous demande simplement de garder en tête les deux mots que j’ai utilisés tout au long de mon texte: Et si…

Et si je n’étais pas qu’un imbécile qui parle à travers son chapeau mais plutôt un jeune psychologue assez bien informé qui essaie de modifier certaines perceptions?

Et si l’information qui vous est transmise était fondamentalement incomplète et biaisée?

Et si l’inflation diagnostique était une forme de crime qui profite réellement à ceux qui ont avantage à ce que nous consommions des médicaments en grande quantité?

Et si nous allions, tous ensemble, dans la mauvaise direction?

Que faudrait-il faire?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vais parler de TDAH et vous n’aimerez pas ça

October 22, 2014

Octobre, paraît-il, est le mois de la sensibilisation au TDAH (trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité), alors j’ai décidé d’en parler un peu.

Mais vous n’aimerez pas ça, parce que je ne dirai pas ce que vous entendez partout à la télé, dans les journaux, sur internet et dans le bureau du médecin.

Je préférais vous avertir, au cas.

 

Vous entendez que vous avez un TDAH. Navré de vous décevoir.

Le TDAH, c’est quelque chose que l’on fait. Pas quelque chose que l’on a.

J’ai un TDAH parce que je suis constamment distrait, j’ai de la difficulté à me concentrer et j’oublie souvent mes clés dans l’auto.

Je suis constamment distrait, j’ai de la difficulté à me concentrer et j’oublie souvent mes clés dans l’auto parce que j’ai un TDAH.

C’est un raisonnement circulaire, comme un chien qui court après sa queue.

La seule preuve qui existe de ce que vous “avez”, c’est une liste de symptômes qui correspondent à ce que nous décidons, en tant que société, de définir comme un déficit de l’attention.

Mais pour vous convaincre que c’est vraiment quelque chose que vous “avez”, on vous dira que c’est un trouble neurobiologique.

Ça, c’est toujours gagnant, parce que ça sonne médical et scientifique.

Alors, demandez à votre médecin de vous fournir un “scan” de votre cerveau qui localiserait le TDAH, qui vous permettrait de voir comment le vôtre fonctionne différemment de celui des autres êtres humains.

Demandez-lui un test de sang, un test d’urine, une biopsie, un échantillon de neurones.

Demandez-lui ce que vous voulez, mais il sera toujours forcé de se référer à des observations externes de vos capacités et de vos comportements pour réaliser son diagnostic.

Ça restera toujours quelque chose que vous faites.

Pas quelque chose que vous avez.

 

DING!

C’est le moment où j’ai l’air d’un monstre sans compassion.

Tout le marketing est fait pour ça. Pour que les gens qui essaient de vous dire que vous n’êtes pas malade aient l’air d’une gang de théoriciens du complot.

Tant pis, je poursuis quand même.

 

Je crois que certaines personnes vivent difficilement avec des difficultés d’attention et de concentration.

Qu’elles perçoivent et comprennent le monde d’une manière différente de ceux qui ne vivent pas ces difficultés.

Qu’il existe des moyens pour les guider et les outiller.

Que leur condition ne doit jamais être minimisée ou ridiculisée.

Je ne crois pas qu’elles sont malades, ni même qu’elles “ont” un trouble quelconque.

Mais que ça ne signifie pas qu’on ne peut pas les aider.

 

Je crois que, dans un remarquable effort de publicité, l’on tente en ce moment même d’élargir le plus possible la clientèle de ce “trouble”.

Que les enfants sont diagnostiqués plus souvent et plus jeunes.

Que les adultes découvrent soudainement qu’ils “ont” probablement un TDAH depuis toujours.

Que la liste des symptômes est si vague et générale que n’importe qui peut s’y identifier.

Que les gens qui gèrent les cordons de la bourse pharmaceutique se frottent les mains devant ces nouvelles opportunités d’affaire.

 

Je crois que notre système d’éducation est brisé.

Qu’il glorifie certaines habiletés en négligeant toutes les autres.

Qu’il n’accepte que la conformité, la standardisation et le talent “académique” en négligeant la créativité et la pensée divergente.

Que l’on fait porter le chapeau de cet échec éducationnel aux étudiants qui n’entrent pas dans le moule, qui pensent différemment.

Qu’à cause de cela, des milliers de personnes croient à tort qu’elles ne sont pas intelligentes et même qu’elles sont malades ou troublées.

 

Enfin, je crois que notre façon d’aborder ce qu’on appelle le TDAH est fondamentalement erronée.

Qu’une fois de plus, des questions de société sont évacuées sous la forme de symptômes à traiter au plus vite.

Que des intérêts financiers l’emportent sur le bien-être des humains.

Que la définition de ce qui est “normal” s’amincit chaque jour au profit de ce qui est un problème médical que l’on doit traiter.

Que nous nous mettons la tête dans le sable sans même le savoir.

Que l’on manipule les mots, les idées et les gens pour faire passer la pilule.

Que c’est une forme de crime qui demeurera fort probablement impuni.

 

Je m’arrête ici. J’en aurais encore long à dire, mais ce sera pour un autre jour.

Je vous avais dit que vous n’aimeriez pas ça.

 

7 questions absurdes pour trouver un sens à ta vie

September 24, 2014

Inspiré librement du texte de Mark Manson sur son blog: http://markmanson.net/life-purpose/ (Merci à Anne Ma pour le partage Facebook!)

 

*Préambule*

Alerte au long texte.

Pas loin de 1000 mots, vu d’ici. (Update, 1266, désolé)

Tu devrais le lire jusqu’au bout, quand même.

Sans me parler de ton TDAH* qui t’empêche de lire les longs textes.

Un TDAH, c’est quelque chose que tu fais, pas quelque chose que tu as.

Comme dans: “J’ai un TDAH parce que je ne peux pas lire de textes de 1000 mots”.

Eh bin, lis celui-là, tu seras guéri.

Hey, du calme, je rigole. Un peu.

Mais pas tant que ça.

Bref.

Je vais t’aider. Te parler au tu et faire des phrases courtes.

Keep going, friend, déjà 110 mots derrière toi!

*Fin du préambule*

 

Je ne fais jamais ça, d’habitude.

Copier les textes des autres.

Mais celui de Mark Manson était tellement bon que je n’ai pas pu résister. Alors merci ou désolé à lui pour ce vol.

Parce que trop souvent, on cherche un sens à sa vie.

Pardon, tu cherches un sens à ta vie.

Et tu comprends mal pourquoi c’est aussi difficile.

La réponse, roulement de tambours, c’est qu’il n’y a pas de sens à trouver.

Il n’y a que du temps, en quantité variable pour chacun de nous.

Et cette citation de Gandalf le Gris (qui m’excusera mon emprunt, je l’espère. Autrement, je suis dans la merde)

“You…shall not…” Non, pardon, mauvaise ligne. C’était plutôt:

“All we have to decide is what to do with the time that is given to us”.

Tout ce qu’il y a, c’est du temps, et la décision que l’on prend d’en faire quelque chose d’important.

Ce qui est important, des fois, c’est dur de le savoir avec certitude.

Voilà pourquoi je te propose 7 questions à te poser qui t’aideront peut-être à t’y retrouver.

Et comme je trouvais hypocrite de te les poser sans y répondre, j’ai inclus un truc personnel à la fin de chacune.

En italique, pour que tu t’y retrouves, et que tu ignores cette partie si tu t’en fous un peu, de ma vie.

Parce que je suis pas encore certain que ça t’intéresse, honnêtement.

Et que c’est bin correct comme ça.

#1 Dans quelle sorte de trempette à la merde t’es prêt à plonger tes Tostitos?

Absurde, je t’avais prévenu.

Si tu veux faire quelque chose d’important, ce sera pas toujours l’fun, honnêtement.

Des fois, ça va être de la marde, et tu vas devoir le faire quand même.

Tu vas même choisir de le faire quand même.

Alors, dans quelle merde t’es prêt à plonger avec appétit, en espérant que ça rapporte un jour?

Réponse: 7 années à l’université. J’aime apprendre, mais la lourdeur institutionnelle du processus a un goût vaguement fécal. C’est correct, j’en redemande.

#2 Quelle partie de qui tu es maintenant ferait pleurer l’enfant de 8 ans que tu étais?

Pas mal certain qu’à 8 ans, t’es la plus pure version de toi-même.

Assez grand pour penser un tout p’tit peu par toi-même, te faire des amis et laisser s’exprimer ta personnalité.

Trop jeune pour avoir acheté un cadre qui ne te convient pas, te frustre et te paralyse.

Ça arrive pas si longtemps après, l’achat du cadre, alors je te ramène à cet âge-là.

Qu’est-ce que tu faisais à 8 ans que tu ne fais plus aujourd’hui?

Qu’est-ce que tu regardais chez les grands de cette époque-là sans trop comprendre pourquoi ils étaient comme ça?

Comment et pourquoi tu l’as fait taire, ce kid-là?

Réponse: Je ne joue plus aux Lego (je songe toujours à en demander un criss de gros pour Noël, par contre). Mais j’écris encore des histoires, je fais trop souvent à ma tête et et je passe beaucoup de temps à jouer. Alors des fois je fais des high-five avec mon enfant de 8 ans. Pas pire, el gros.

#3 Qu’est-ce qui te fait oublier de manger et de t’occuper de ton hygiène corporelle?

Dans quoi tu peux t’engager pendant des heures sans les voir passer?

Quand est-ce qu’on te traite de lunatique ou de perdu?

Où tu te sens parfaitement à ta place, prêt à laisser tomber ta montre et tes certitudes pour une minute de plus?

Réponse: Dans un gymnase avec mon équipe. Ou encore maintenant, devant mon clavier. Il est quelle heure?

#4 Comment tu peux perdre la face mieux et plus souvent?

“Daring greatly”, c’est l’expression de Brene Brown.

C’est descendre dans l’arène et essayer quelque chose sans garantie de succès.

Si ça marche pas, vieux, tu perds la face. T’as l’air fou.

So what?

Pour faire quelque chose d’important, il faut que tu acceptes de te planter à l’occasion.

Et pour un truc vraiment très important, tu dois te planter vraiment très souvent.

C’est comme ça, y a pas de formule magique.

Comment tu perds la face en essayant des trucs différents et nouveaux?

Réponse: Je ne sais pas trop, parce qu’en ce moment c’est plutôt: pas souvent et pas très bien. Perdre la face, ça me fracasserait l’ego, et j’en ai besoin. Il me tient chaud pendant les longues nuits d’hiver.

#5 Comment tu vas sauver le monde?

C’est quoi ton projet, comment tu laisses ta trace?

T’es quel genre de super-héros?

C’est pas obligé d’être big, mais c’est une petite coche dans l’histoire du monde.

Peu importe ce que c’est, si ça te ressemble.

Go for it, buddy. If you can, you should, comme disent ces gars-là (https://www.youtube.com/watch?v=wJF5NXygL4k)

Réponse: Je me garde une petite gêne sur celle-là. Écris-moi si tu veux savoir!

#6 Si Chuck Norris te met un fusil sur la tempe en descendant du lit chaque matin pour que tu sortes de la maison, tu vas où?

Les deux options de la vie normale, c’est souvent aller travailler ou rester en mode crottes de fromage sur le divan.

Mais si Chuck Norris te force à sortir de chez toi, où tu vas?

Tu découvres quoi?

T’as pas vraiment le choix, c’est Chuck Norris.

À quoi t’aimerais passer ta journée plutôt que défiler ton actualité Facebook?

Réponse: Dans un gymnase, encore. À la bibliothèque, peut-être. En voyage, certainement. Mais je dois revenir le soir, j’ai un chat à nourrir. C’est pas vrai, j’ai pas de chat, mais deux plantes vertes qui dépendent de moi.

#7 S’il te restait un an à vivre, tu ferais quoi et comment t’aimerais qu’on se souvienne de toi?

Je sais, la mort, t’aimes pas ça en parler.

Je connais pas beaucoup de fans, honnêtement.

Mais lis bien la prochaine phrase, même si elle est à la fin du texte et que ton attention diminue.

Tout ce que nous faisons sur cette Terre nous sert à oublier la mort, à nous en éloigner et à nous rassurer à son sujet.

Sans succès, obviously. À long-terme, du moins.

Alors si tu veux vraiment savoir de quoi t’es fait, demande-toi comment t’aimerais que les gens parlent de toi, quand ce sera fini.

Essaie de mettre sur papier ce que tu ferais si ça achevait, tout ça.

tu réaliseras peut-être que tu vis ta vie comme si elle n’allait jamais se terminer, comme si tu allais avoir le temps plus tard de faire quelque chose d’important tout de suite.

C’est un peu con.

Réponse: Je boirais du vin chaque jour, visiterais un pays différent chaque semaine et ferais l’amour chaque soir. Et j’écrirais de belles choses pour plein de gens.

 

Plus de 1200 mots, sorry about that.

Mais j’ai fini. Merci d’avoir lu jusqu’au bout.

Je ne retiens pas plus longtemps, tu dois en avoir plein le cul.

Au moins, tu sais quelles questions te poser, maintenant.

Bonne chance.

 

*TDAH: Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

Les 4 règles de la bullshit

September 15, 2014

Vous avez bien lu.

Je vais produire un texte complet sur la bullshit, en espérant que je n’illustrerai pas mon point par son contenu.

Je le fais parce que j’en vois tout le temps, de la bullshit.

Même que j’en dis et que j’en écris à l’occasion.

Après tout, je suis un psy, comme vous le savez.

Enfin, presque. Vraiment presque.

Et être un psy, du moins étudier pour en être un, ça implique un peu de bullshit.

Surtout dans ce fameux travail de réflexion personnelle de 10 pages, il y a quelques années.

Je plaide coupable, j’ai bullshité.

Mais c’était si bien écrit.

Bref.

C’est plus sérieux qu’on croit, le sujet de la bullshit.

Même que le philosophe Harry Frankfurt a écrit un essai complet sur le sujet en 1986, bizarrement l’année de ma naissance.

Coïncidence? Je ne crois pas.

Bref.

Produite et consommée en petites quantités, ça ne fait de mal à personne, la bullshit.

C’est même plutôt agréable.

Une petite illusion, un îlot de certitudes et de connaissances. Une rêverie publicisée, un écran de fumée de compétence et de séduction.

En grande quantité, en version industrielle, c’est dangereux. C’est nocif. C’est con.

Vraiment très con.

Alors voici les 4 règles que suivent les gens qui bullshit de manière irresponsable et malhonnête.

Ça vous aidera peut-être à les reconnaître et à les éviter comme la peste.

#1 Ils promettent de grandes choses

Dans les relations personnelles comme dans les liens professionnels, ils ont toujours une vision.

Ils vous aideront à réaliser votre plein potentiel.

Ils vous fourniront un pouvoir extraordinaire.

Ils vous aideront et vous aimeront comme personne ne l’a fait auparavant dans votre vie.

Ils seront au courant d’un grand secret que personne d’autre ne connaît.

Et vous feront croire que si vous les suivez, que vous vous attachez à eux et que vous investissez vos ressources dans leur vision…

Vous serez heureux.

#2 Ils ont beaucoup de certitudes

Les pros de la bullshit parlent bien et disent beaucoup de choses.

Ils ont des opinions sur tout.

On dirait qu’il y a un orchestre symphonique en musique de fond chaque fois qu’ils ouvrent la bouche et que la vérité en sort.

Ils ont percé les mystères de l’existence humaine grâce à une profonde sagesse acquise au fil de leurs expériences enrichissantes.

Ils n’acceptent pas vraiment d’être remis en question, même s’ils affirment le contraire.

Ils n’acceptent pas vraiment de ne pas être au centre de l’attention, même s’ils affirment le contraire.

Après tout, les certitudes sont toujours au centre de l’Univers.

#3 Leurs bottines ne suivent pas vraiment leurs babines

Ça vous demandera peut-être une petite enquête.

Mais après avoir détecté les deux premiers signes de la bullshit, vous aurez envie d’aller voir.

Et vous ne trouverez pas grand-chose.

Les bullshiteux des grandes occasions se trouveront des titres qui n’existent pas.

Ils amplifieront leurs réussites ou les inventeront simplement en espérant que personne ne fasse l’effort de vérifier.

Ils démarreront un paquet de projets qui finiront par tomber dans l’oubli.

Et ils ne rendront de comptes à personne, la responsabilité ne sera jamais la leur.

#4 La vérité n’est pas vraiment importante pour eux

Ils sont différents des menteurs, de ce côté.

Pour les menteurs, la vérité est importante puisqu’elle est le contraire de ce qu’ils sont en train de dire.

Pour les bullshiteux, la limite est toujours floue et confuse entre les deux.

Ce qu’il vous disent n’est jamais complètement la vérité, mais jamais complètement un mensonge non plus.

L’important est toujours l’image qu’ils présentent, la perspective que vous obtenez sur leurs réalisations.

Qu’elles soient réelles ou non.

De ce point de vue, ils sont plus dangereux que les menteurs.

Ils ont le même pouvoir sur les gens, avec moins de moyens efficaces pour les reconnaître.

C’est pourquoi j’ai pensé vous offrir ce petit guide.

Si vous reconnaissez une personne de votre entourage, amusez-vous à la confronter directement avant de vous enfuir d’elle.

Vous ne gagnerez pas, je vous le garantis.

Et ce sera la seule preuve dont vous aurez besoin.